‹ La Philosophie de l'organismeChapitre 29 sur 41 · AUCUNE CONCLUSION POSITIVE NE DECOULE DE CE CHAPITRE · texte numérisé non relu

AUCUNE CONCLUSION POSITIVE NE DECOULE DE CE CHAPITRE

Avons-nous mis en évidence une nouvelle preuve de l'autonomie de la vie ?

Nous sommes obligés de conclure négativement. Cependant, je pense que les faits précédents constituent beaucoup d'indices à l'appui de cette idée que l'organisme ne peut être un pur mécanisme, où chaque adaptation serait préfigurée.

L'immunité, en particulier, paraît inexplicable dans la théorie mécaniste. Comment, dans cette hypothèse, s'expliquerait la production du composé chimique précisément nécessaire, de même que la

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formation d'une plus grande quantité de ce produit qu'il n'est rigoureusement indispensable ? Néanmoins, nous ne pouvons formuler l'analyse de ces faits de manière à montrer qu'une doctrine mécaniste de l'immunité serait réellement absurde, et c'est pourquoi nous n'affirmons pas avoir trouvé ici une nouvelle preuve de l'autonomie de la vie. Contentonsnous de dire que cette doctrine mécaniste est extrêmement improbable.

Maintenant, nous pouvons ajouter que toutes les explications mécaniques de la physiologie fonctionnelle, si en vogue il y a quelque vingt ans, ont fait faillite. Néanmoins, nous ne sommes pas complètement autorisés à dire (1) que dans l'avenir on ne trouvera jamais aucune explication mécanique des fonctions physiologiques. Cela peut sembler très improbable, mais ce que nous désirons connaître, ce n'est pas l'improbabilité, c'est l'impossibilité d'une telle explication.

On pourrait m'objecter qu'après avoir admis la nature vitaliste des phénomènes de la morphogénèse, au moins en tant qu'elle repose sur un système harmonique équipotentiel, il n'est plus besoin de discuter la nature des phénomènes qui alYectent ultérieurement la forme ainsi produite, et que leur nature vitaliste est évidente. C'est également mon avis personnel, mais la question n'est pas là. Avons-nous mis en relief une preuve du vitalisme nouvelle et inrlt'pendante, par l'étude des phénomènes d'adaptation

(1) Ici encore je serais disposé à excepter de ces conclusions les découvertes de Pawlow. Voir p. 310, note 1.

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physiologique? Voilà ce qui nous intéresse, et nous devons répondre : non. La pure correspondance régulatrice entre les stimuli et les réactions, même adaptatives, n'est pas, par nature, opposée à une explication purement mécanique^ du moins, tant que les stimuli et les réactions seront simples.

Dans notre analyse de la différenciation, nous avons constaté que certaines relations de position nous ont, seules, permis de réfuter par l'absurde l'hypothèse mécaniste. Des relations analogues nous permettront dans le prochain chapitre d'établir une nouvelle preuve du vitalisme.

Avec ce chapitre, nous terminons l'étude de la régulation organique par rapport à la morphogénèse et au métabolisme. Mais notre analyse serait incomplète, si nous ne disions quelques mots de deux points négatifs qui seront approfondis plus tard.

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