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LA CELLULE

On sait que tous les organismes sont constitués par des organes, et que ces organes exercent des fonctions ditTérentes. Le cerveau, le foie, les yeux, les mains sont des types d'organes animaux : los feuilles et les pistils, des types d'organes végétaux.

On sait également que tous les organes sont constitués par des cellules, excepté chez ces organismes in-

^1} F. B. Wii.soN, The ccU in Drreloftmcnl and fnherilance, New-York, Mnnuillaf.. IîN>:.

L ORGANISME INDIVIDUEL

férieurs, qu'on appelle les Protistes. C'est là un fait d'observation, aussi je ne puis accepter le langage usuel qui désigne ce simple fait par Je nom de « théorie » cellulaire. Il n'y a rien là de théorique. D'autre part, tous les efforts tentés pour comprendre l'organisme comme un simple agrégat de cellules ont été voués à l'insuccès ; car c'est V ensemble qui se sert des cellules. A ce second point de vue, une théorie « cellulaire » ne saurait se défendre. Il n'y a donc rien, en somme, qui autorise à parler d'une théorie cellulaire.

La cellule peut présenter les formes les plus différentes ; prenez comme exemples une cellule de la peau, d'un muscle, d'une glande, ou chez les végétaux une cellule du bois, etc. Mais, dans tous les cas, la cellule comprend deux parties distinctes : l'une périphérique, le protoplasme, l'autre interne, le noyau ; encore négligeons-nous différentes parties qui, d'ailleurs, ne seraient que des différenciations protoplasmiques.

On entend par protoplasme simplement tout ce qui n'est pas le noyau ; en aucun cas ce n'est un composé chimique homogène ; il est constitué par un grand nombre de composés homogènes et possède une sorte d'architecture ; toutes les fonctions organiques sont le résultat de son métabolisme. Le noyau possède également une structure très typique en relation étroite avec les modifications qu'il éprouve pendant la phase morphologique la plus caractéristique de la vie cellulaire, à savoir pendant la division. Consacrons quelques mots à cette division et au rôle qu'y joue le noyau.

Dans chaque noyau on trouve une certaine substance qui se colore particulièrement quand on traite

MORPHOGENESn KLEMENTAIRE

la cellule par des pigments. On lui a donné le nom de « chromatine ». La chromatinea toujours une réaction acide, alors que celle du protoplasme est basique ; c'est pourquoi elle semble être un centre d'oxydation. Ouand la cellule va se diviser, la cliromatine, qui était préalablement distribuée sous forme de petits grains, se rassemble en un filament long et entortillé. Ce filament se fragmente transversalement en portions à peu près égales, dont le nombre est caractéristique de chaque espèce vivante; puis, cliacune de ces portions se scinde dans toute sa longueur. Ce processus est décrit ici — avec intention — un peu schématiquement ; la division transversale et la division longitudinale peuvent parfois se produire simultanément, parfois dans l'ordre inverse de l'ordre habituel. Mais, en définitive, le résultat est toujours la division du filament nuch'aire en un certain nombre de paires de « chromosomes ». Pendant que se produisent ces modifications nucléaires, le protoplasme est également le siège de quelques transformations caractéristiques. Alors, par l'action réciproque des forces nucléaires et protoplasmiques, la cellule commence à se diviser réellement. Les deux constituants de chaque paire de petits filaments de chromatine se séparent, l'un se dirige dans un sens, l'autre dans le sens opposé. Par suite de ce processus se forment deux iioyaux- (illes. Kn même temps, un sillon circulaire se creuse dans le protoplasme lui-même, dans l'espace compris entre les noyaux, (^e sillon s'approfondit de plus en plus; finalement la cellule est sectionnée en deux |>aities, et la division se trouve accomplie.

Non seul«Mnent \[\ croissance (h' roruaiiisnic, déjà

L ORGANISME INDIVIDUEL

FiG, 1. — Schéma de la division cellulaire (d'après Boveri).

Cellule au repos : la chromatine est répartie dans le noyau en

granulations. En dehors du noyau se trouve le « centrosome ».

(Il n'est pas fait allusion à cet organe dans le texte.) Début de la division : la chromatine s'est disposée en un long

filament. Le centrosome est divisé en deux. Le filament de chromatine s'est sectionné tranversalement en

quatre « chromosomes ».

Les chromosomes se sont disposés symétriquement à égale

distance des centrosomes et des « astrosphères ». Division longitudinale des chromosomes.

Début (fe la division protoplasmique : les deux moitiés de

chaque chromosome se sont séparées.

Fin de la division cellulaire.

MORPHOr.KNKSE KLKMENTAIRE 11

normalement constitué, est le résultat dune série de divisions cellulaires, mais encore le développement proprement dît, c'est-à-dire la « production d'une diversité visible », est réalisé pour la plus grande part par de semblables divisions. Ce phénomène peut donc bien être considéré comme d'importance capitale (fig. 1).

Chaque division cellulaire est suivie d'une croissance des cellules-filles ; les deux éléments-filles atteignent exactement la taille de la cellule-mère avant sa division ; aussitôt que cette taille est atteinte, une nouvelle division commence : ainsi, la croissance de tout rindi\ndu est, en somme, le résultat de la croissance de lous ses éléments. Ajoutons qu'au moment de la Formai ion définitive des organes, les divisions cellulaires peuvent, nous le verrons plus tard à l'occasion, s'accomplir un peu différemment.

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