L OEUF : SA MATURATION ET SA FECONDATION
Tous les êtres vivants possèdent un organe très imporlant spécialement destiné à la reprodiiciion. Cet organe, qu'on appelle ovaire chez les animaux, est constitué par des cellules dont chacime prend le nom d'œuf; les œufs se forment \M\r division (-«'llulaire. C'est également une série de divisions (|iii Irnnsforme Tœuf on un nouvel adulte.
Sauf ([uelcjues cxceptiotis très rares, l'cnif ()\ arien est incapable d'accomplir ses fonctions l;»nl qu il n'a pas subi certaines modifications, dont les unes peuvent être considérées comme simpliMuent prépara-
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toires, tandis que les autres constituent le stimulus proprement dit du développement.
Les phénomènes préparatoires sont connus sous le nom de u maturation ». Les œufs doivent être « mûrs » pour que leur développement puisse commencer. La maturation consiste en une série de phénomènes assez compliqués ; disons seulement ici qu'en ce qui concerne le noyau, les chromosomes subissent certaines transformations qui aboutissent à l'élimination de la moitié d'entre eux sous la forme de deux très petites cellules : les « cellules directrices », corpuscules directeurs ou globules polaires, comme on les a parfois appelées. L'œuf mûr est alors apte à être fécondé.
Avant d'aborder ce phénomène important, consacrons quelques mots à la parthénogenèse, c'est-à-dire au développement sans fécondation; à la suite des brillants travaux du physiologiste américain Jacques Loeb, ce phénomène est devenu un des centres vers lesquels convergent les préoccupations des biologistes. On sait depuis longtemps que les œufs des abeilles, de quelques pucerons, de certains Crustacés, de quelques autres animaux et aussi de certaines plantes sont capables de se développer sans avoir subi aucune fécondation. D'autre part, Richard Hertwig et T. H. Morgan ont montré que la division nucléaire peut se produire dans les œufs de certaines autres formes animales, par exemple des oursins, quand ces œufs ont été soumis à l'action de certains réactifs chimiques. Loeb (1) réussit plus tard à obte-
(1) Amer. Journ. PhysioL, vol. III et IV, 1900.
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nir un développement complet en traitant les œufs des Echinodermes par du chlorure de magnésium : c'est ainsi que fut découverte la parthénogenèse artificielle. Des recherches ultérieures ont montré que la parthénogenèse artificielle peut se produire dans toutes les classes du règne animal et être provoquée par des réactifs chimiques ou physiques très divers. Nous ne savons pas encore en quoi consiste exactement le stimulus qui remplace la fécondation. Il semble d'ailleurs hautement probable qu'il est toujours le même, quel que soit l'agent utilisé (1).
Sous le nom de fécondation proprement dite, nous désignerons l'union de l'élément niAle, spermatozoïde ou spermie, avec l'élément femelle ou œuf. Le spermatozoïde, comme l'œuf, est constitué par une seule cellule ; mais le rapport du protoplasma au noyau n'est pas le même chez l'un et chez l'autre : dans tous les œufs, le protoplasma est relativement très volumineux (si on compare les œufs aux cellules somatiques), dans le spermatozoïde, au contraire, cest le noyau qui domine. Une grande accumulation de substances de réserve, destinées à servir à la croissance de l'être futur, est la cause principale de la grandeur relative du protoplasma ovulaire. L'œuf est entièrement, ou peu s'en faut, incapable de se mouvoir, alors qu'au contraire le mouvement est la particularité la
1) D'après Dolaprc {Arch. Zool. exp., sér. 3, U), I1M)'2), la parthénogenèse artificielle peut être réalisée, aussi bien«|uand un ou deux globules polaires se sont formés qu'avant leur apparition. Mais les (euls doivent être au premier stade de 1m maturation, c'est-à-dire <|ue la » MKMuhraiie uueh'aire * doit s'être dissoute.
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plus caractéristique du spermatozoïde. L'ensemble de son organisation est^adaptée au mouvement de la manière la plus caractéristique : une tête et une queue mobile sont ses deux parties essentielles, de telle sorte que beaucoup de spermatozoïdes ressemblent à un Infusoire nageur du type des Flagellés. La tête est presque entièrement formée de substance nucléaire.
Il semble que, dans le plus grand nombre des cas, les spermatozoïdes nagent à l'aventure, et que leur union avec l'œuf ne soit assurée que par suite de leur grand nombre. C'est seulement dans quelques végétaux qu'on a découvert un excitant spécial, de nature chimique, qui attire l'élément mâle dans la direction de Tœuf.
Mais nous ne pouvons étudier plus complètement ici la physiologie de la fécondation, nous remarquerons seulement que la signification véritable de ce phénomène n'est rien moins que claire (1).