EMBRYOLOGIE COMPAREE
La segmentation elle-même peut présenter des formes assez différentes. On peut avoir une blastula compacte et non formée d'une seule couche de cellules. Ou bien, la bilatéralité peut s'établir dès le stade de segmentation — comme dans beaucoup de Vers et d'Ascidies, — et non aussi tardivement que chez l'Echinus. La formation des feuillets germinatifs peut se produire dans un ordre différent et sous des conditions très variables : un animal relativement assez voisin de notre Echinus, par exemple l'étoile de mer, forme d'abord l'endoderme et ensuite le mésenchyme. Dans beaucoup de cas, la formation de l'endoderme n'a pas lieu sous l'aspect d'un tube cellulaire, mais c'est une couche aplatie de cellules qui est la première ébauche de tous les organes intestinaux : il en est ainsi chez tous les Oiseaux et chez la Seiche. Et d'ailleurs, comme chacun sait, il y a un grand nombre d'animaux qui n'ont pas d'état larvaire proprement dit ; la grenouille a une forme larvaire bien connue, le têtard ; mais les Oiseaux et les Mammifères n'ont pas de larve ; cela veut dire qu'il n'y a pas, dans l'ontogénie de ces types, de forme déterminée capable de mener pendant un certain temps une vie indépendante, comme si elle était elle-même une espèce distincte ; au contraire, tous les stades ontogénétiques sont, à proprement parler, embryonnaires, le'germe ne cessant pas d'être un embryon jusqu'à ce qu'il soit devenu un jeune organisme parfait. On sait aussi que tous les squelettes ne sont pas consti-
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tués par du carbonate de chaux ; certains sont formés de silice comme chez les Radiolaires, ou de substance cornée, comme chez beaucoup d'Epongés. Enfin, si nous examinions également le développement des végétaux, les différences nous paraîtraient probablement si étendues que toutes les analogies sembleraient disparaître.
Ces analogies existent pourtant, et il nous faut les étudier. D'ailleurs, ce fut spécialement dans cett^ intention que nous avons examiné l'ontogénie d une forme particulière en aussi grand détail ; on apprécie mieux les généralités, quand on connaît tous les détails particuliers au moins d'un exemple déterminé. Quelles sont donc les caractéristiques essentielles que nous offre 1 histoire individuelle de notre oursin, contrôlée au moyen des données fournies par les autres ontogénies, y compris celle des végétaux ?