‹ La Philosophie de la LibertéChapitre 100 sur 103 · VINGT-UNIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-UNIÈME LEÇON

XIX. L'acte par lequel la créature réalise $a liberté constitue ta personnalité : Le nom de personne désigne un être libre qui se pose et se reconnaît comme tel. Remarque : Cette définition s'applique à la personnalité divine. La personnalité fut-elle nécessairement relative, on comprend néanmoins que Dieu se constitue comme personne par l'acte de la création.

XX. La créature, en aimant Dieu, l'affranchit de la limitation qu'il s'impose en créant. Ainsi l'absolu en essence existe comme absolu; toutes les contradictions sont levées, tous les problèmes résolus. Remarque : L'amour pour Dieu, qui, en principe, constitue le devoir, perdrait en fait le caractère d'obligation, du moment où il existerait dans sa pureté ; parce que la créature, trouvant en Dieu la satisfaction de tous ses besoins, ne pourrait pas en être détournée.

Nous avons déduit de l'idée de la liberté créée la loi de cette liberté. Nous avons trouvé dans l'amour de Dieu le but absolu des choses, le sommaire de la morale, le souverain bien. L'endroit paraît favorable pour nous reposer un instant et pour nous rendre compte, s'il est possible, de ce que nous avons fait jusqu'ici.

Nous cherchons dans la science des choses l'explication du devoir. Nous avons pris pour guide la conscience morale, et comme interprètes de la conscience, la logique et l'observation.

Afin d'obtenir cette connaissance des effets par leurs causes que réclame notre pensée, nous nous sommes efforcés d'abord de conquérir l'idée du principe universel et absolu. Sans nous arrêter à établir l'unité de ce principe, que toute philosophie accorde, parce que l'unité est le premier besoin de

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