‹ La Philosophie de la LibertéChapitre 101 sur 103 · RETOUR SUR LE PRINCIPE DU L' ABSOLUE LIBERTÉ · texte numérisé non relu

RETOUR SUR LE PRINCIPE DU L' ABSOLUE LIBERTÉ

notre raison, nous avons dit : Le principe universel doit posséder en lui toutes les conditions de l'existence ; pour le comprendre, il faut comprendre un être qui ne puisse exister que par lui-même ; — un tel être serait absolument libre; — mais l'être absolument libre n'est que liberté, donc la liberté est l'essence même de l'être, qui est par conséquent insondable. — Il est ce qu'il veut. Il serait inutile de reproduire la preuve dialectique sur laquelle nous avons essayé d'asseoir cette proposition paradoxale. Mais, comme aux destinées de ce paradoxe sont liées celles d'un système qui donnerait peut-être quelque repos à la pensée, quelque aliment au cœur et quelque secours à la vertu, je voudrais, avant de passer de la philosophie pure à l'histoire, enélayer la principale doctrine par des considérations d'un genre un peu différent.

La dialectique n'est et ne peut être que la forme de la philosophie. Quand même il serait établi que nos intermédiaires'sont insuffisants, quand même on ne reconnaîtrait pas la nécessité logique qui nous a fait aller de l'existence à la substance, de la substance à la vie, de la vie à l'esprit et de l'esprit a l'absolue liberté, la base de nos convictions ne serait point encore sapée. Le fondement de notre système est celui de tout spiritualisme1. Il se résume

1 Conformément à l'analogie universelle de la langue, sinon n la mode de la saison t je n'oppose pas le spiritualisme au matérialisme seulement, mais au dualisme.

en trois propositions : Le principe de l'être est spirituel ; Télément substantiel de l'esprit est la volonté; la volonté est libre dans son essence.

Ce dernier point repose sur l'évidence psychologique et sur les exigences de la morale. La seconde thèse n'est guère plus contestable, quoiqu'elle ait été souvent mise en oubli. La substance de l'esprit ne peut être qu'un acte ; en chercher une autre serait prouver qu'on ne sait pas ce que le mot esprit signifie. L'esprit n'est pas une fchose, mais une force, et la force n'a d'autre substance que son activité, la puissance n'est que le minimum de l'acte. Maintenant, quel est l'acte premier, l'acte fondamental de l'esprit, celui qui est compris dans tous les autres et qui est la condition de tous les autres? Il est impossible de l'observer directement dans sa simplicité élémentaire et abstraite; mais, d'après les lois logiques de tout développement, il doit se retrouver dans l'acte suprême qui a tous les autres pour condition, dans lequel tous les autres sont impliqués et qui imprime son cachet à notre existence. Or cet acte suprême est évidemment la volonté réfléchie, le plein exercice de la liberté, lequel suppose la sensibilité, la mémoire, l'imagination, l'intelligence, toutes nos facultés, en un mot. L'esprit se traduit et s'exprime dans ce qu'il veut. La valeur réelle d'un homme s'estime selon sa conduite, selon sa volonté, parce qu'effectivement o'est là qu'est l'homme. La volonté pleinement réalisée est le fruit de l'esprit; la

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