PRÉFACE XXI
fession de foi et d'un programme. C'est l'ébauche d'un travail qui n'a pas été complété, et qui, pour répondre aux exigences d'un autre temps, devrait sans doute être repris sous une autre forme. Je fais des vœux pour qu'il le soit, car la pensée qu'il exprime me semble encore aujourd'hui vraie et féconde.
Après ces explications, qu'il me tardait fort de donner, j'arrive aux principaux malentendus contre lesquels il importe de prémunir le lecteur.
La Philosophie de la Liberté a été présentée comme un système a priori. Elle n'en a que l'apparence. Du reste , cette critique n'a pas en soi toute la portée qu'on lui attribue. Il n'y a jamais eu de système purement a priori; il n'en existe pas non plus dans lesquels l'a priori ne joue aucun rôle. La théorie des sensations de Condillac, par exemple, est, avec ses semblants d'analyse, un type de Y a priori naïf. Quelle que soit la richesse des draperies scientifiques dont il s'enveloppe, l'a priori ne règne pas moins souverainement dans les conceptions matérialistes de MM. Ernest Haeckel et Herbert Spencer. Nous ne leur en ferons point un reproche, pourvu qu'ils s'en confessent de bonne grâce. Par contre, la doctrine platonicienne des Idées, les constructions déterministes d'un Spinoza, d'un Hegel, ne signifient absolument rien à l'esprit, s'il ne