‹ La Philosophie de la LibertéChapitre 18 sur 103 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

prend pas garde aux groupes de faits que ces systèmes ont l'intention d'expliquer; seulement on peut leur reprocher de reposer sur une base expérimentale trop étroite. Mais quant à la philosophie qui ne perd de vue aucune donnée expérimentale, et qui les fait toutes entrer en compte avec une impartialité sincère, nous attendons qu'on nous la signale. Une œuvre philosophique quelconque est nécessairement une tentative pour expliquer l'ensemble des phénomènes dont son auteur est frappé. C'est donc l'expérience qui la suggère, mais que l'auteur le sache ou non, qu'il s'en félicite ou qu'il s'en défende, l'activité propre de sa pensée intervient dans l'interprétation. Ceux qui sérieusement ne veulent point d!apriorir n'éprouvent pas le besoin de mettre de l'unité dans leur intelligence. Volontiers ils s'en remettent, sans le savoir, à quelque a priori traditionnel et vague qu'ils ne contrôlent et n'analysent point. L'opposition qu'on établit n'est donc pas absolue, elle ne va pas au fond des choses : c'est une question de proportion, c'est souvent une question de forme. Dans la Philosophie de la Liberté, la forme a priori nous semble assez transparente.

C'est évidemment à l'expérience que cette synthèse emprunte son point de départ : savoir le fait de la conscience morale , le sentiment intérieur d'une obligation ! .

*Tome 1er, p. il.

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