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PRÉFACE XXIII

C'est encore l'expérience, j'entends l'expérience intérieure, immédiate, qui lui révèle le trait distinctif de ce fait et son importance exceptionnelle : la loi du devoir est saérée, nous ne saurions, sans la violer, consentir à des théories qui lui enlèveraient ce caractère. Cette indication de. la conscience nous enseigne le but 'à poursuivre : nous désirons obtenir une explication des choses ; nous ne savons pas encore ce qu'elle sera, mais nous savons que nous ne pourrions pas l'admettre, lorsqu'elle aurait pour conséquence de nous présenter le devoir comme une illusion. Le devoir est donc bien le fait qu'il faut placer au premier rang, et c'est l'analyse de ce fait qui nous contraint à poser le problème de la philosophie en ces termes : « Trouver une explication générale des phénomènes propre à justifier la souveraineté que nous sommes moralement tenus d'accorder au devoir, et le jugement par lequel nous le déclarons obligatoire, même pour ceux qui ne le reconnaissent pas. »

Quant à la méthode , c'est aussi l'expérience qui nous a suggéré de poursuivre la synthèse des contraires. Ce n'est pas a priori que Kant et Fichte ont été conduits de ce côté ; si le cardinal de Cusa, si Giordano Bruno, si Hegel ont affirmé l'identité des contraires, ce n'est pas la pensée a priori qui le leur a suggéré. Manifestement les contraires ne peuvent pas subsister ensemble dans l'esprit. Lorsqu'il s'agit de thèses propre-

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