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PRÉFACE XXV

Déterminé comme il l'est dans le temps et dans l'espace, l'être particulier, vu du dehors, n'est plus qu'un aspect, un état de l'universel inconnu. L'unité de substance que la pensée a priori semble réclamer immédiatement et qu'elle a justifiée depuis tant de siècles par l'impossibilité d'attribuer l'être au néant, semble résulter également de l'expérience, c'est-à-dire sans doute, en y regardant d'un peu plus près, des suppositions impliquées dans la seule méthode par laquelle nous puissions constituer l'expérience. Ces multiples qui se déterminent tous les uns les autres, qui n'existent que les uns par les autres, ils ne se comprennent pas, sinon dans l'unité. L'esprit réfléchi se trouve ici en face des lois qui président à la nature ou du moins à l'intelligence de la nature, dont il est impossible de séparer l'humanité. Il faut qu'il accepte comme un fait la solidarité universelle, il faut qu'il en rende compte ou qu'il s'impose un silence absolu. D'autre part, il faut qu'il accepte et qu'il explique également, en lui conservant son caractère essentiel, le fait de la loi morale, qui implique la réalité de l'individu. Unité, pluralité, nécessité, liberté, les termes de ces antithèses sont solidaires. Comment choisir entr' elles ? 11 me semble que je ne saurais contester le déterminisme qu'en me désintéressant de la science, et je ne puis mettre en question ma liberté sans forfaire à mon devoir.

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