‹ La Philosophie de la LibertéChapitre 23 sur 103 · PRÉFACE XXVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXVII

à la distinction du Créateur et de la créature, qui est ainsi suggérée par la réflexion sur les éléments moraux de notre conscience.

C'est donc bien l'analyse, quoique l'analyse intérieure, qui nous a donné notre point de départ. Mais nos critiques n'y ont pas toujours pris garde, peut-être parce que cette suite d'idées n'était pas assez neuve pour les frapper. Le système ne semble commencer pour eux qu'avec la série des thèses de la métaphysique régressive. Ils s'arrêtent à la seconde : « l'être absolu, cause de luimême , se fait ce qu'il veut être , il est absolue liberté. » La déduction de cette pensée se présente incontestablement chez nous sous la forme d'une construction a priori, mais la valeur de la thèse elle-même ne dépend pas de cette démonstration, elle ressort de considérations d'une autre nature. Quant à notre argumentation, ce qu'elle prouve, c'est que l'absolue liberté est le seul caractère qui, par sa nature même, ne puisse être attribué' qu'à l'absolu. Cela n'est guère contestable, mais la portée de cette observation semble réduite à peu de chose par l'aveu que l'absolue liberté est incompréhensible. Cependant les métaphysiciens du théisme confessent tous l'impossibilité de comprendre Dieu, et ne se laissent pas arrêter par cette objection capitale. A l'origine de toutes choses , ils sont obligés de statuer l'inconditionnel, l'éternel. Cet être incon-

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