‹ La Philosophie de la LibertéChapitre 25 sur 103 · PREFACE XXIX · texte numérisé non relu

PREFACE XXIX

inintelligible des deux; seulement, après avoir posé le principe, tous n'en ont pas admis les conséquences. IU n'ont pas tous vu, peut-être n'ontils pas voulu voir que, si la nature du premier principe est une perfection éternellement réalisée, il n'y a plus de place pour le passage de la puissance à l'acte , c'est-à-dire pour l'histoire et pour aucun fait proprement dit. En d'autres termes, ils n'ont pas vu que si Dieu est déterminé, il faut qu'il le soit absolument, et que s'il est absolument déterminé, tout est absolument déterminé, de sorte que la liberté n'est plus possible nulle part, et que Tordre moral s'évanouit dans l'effort même de la pensée pour l'élever à l'absolu.

C'est le sentiment de ce danger qui m'a fait embrasser l'autre alternative ; mais je ne sais pas s'il suffirait pour m'y maintenir. Commencer par la pure puissance est sans doute un parti violent ; cet être qui est ce qu'il veut être, qui n'est dès lors que s'il veut être, commence à ressembler au néant ; encore ceux qui font dater le temps et le monde d'une première heure où rien absolument n'existait , se flattent-ils de mieux éviter la contradiction. Il me semble évident que toute philosophie, non moins que toute science définie, est condamnée à poser au début ou à accepter dans sa route des données incompréhensibles sur lesquelles il lui faut pourtant s'appuyer pour ex-

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