‹ La Philosophie de la LibertéChapitre 26 sur 103 · XXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE

pliquer quoi que ce soit. En raisonnant sur l'incompréhensible, nous ne faisons donc que subir la loi commune ; mais si je m'en tiens à cet incompréhensible de préférence à tout autre, c'est moins pour donner une base à la liberté humaine, qui peut-être finirait par se concilier avec l'autre hypothèse, que parce qu'il me paraît indispensable à la religion.

Je crois à la religion, parce que dans les limites d'une expérience très bornée, je l'ai vue former l'élément vital des hommes les plus excellents. Le respect des faits ne me permet pas de résoudre la religion dans la morale sociale. J'y verrais plutôt la sanction de la morale, s'il était possible d'élargir suffisamment le sens de ce mot, beaucoup trop juridique pour ma pensée, et d'y faire entrer l'idée de la consommation. La religion me paraît converger tout entière à l'amour de Dieu, la religion suppose donc que Dieu est aimable. Dieu doit être aimé, même de ceux qui souffrent sans pouvoir assigner de terme à leur souffrance, s'ils savent que Dieu veut leur bien. Mais l'amour suppose une volonté réelle. Si Dieu répandait ses bienfaits en vertu d'une nécessité inhérente à sa nature, ceux qui l'auraient eompris ne pourraient plus éprouver à son égard le sentiment de la gratitude. Sensiblement, nous tenons tout du soleil, mais à mesure que Ton s'est convaincu que 1 action du soleil résulte d'une

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