PRÉFACE XXXI
nécessité de sa nature, on a cessé d'adorer le soleil. Et peu importe qu'on qualifie la nécessité de physique ou de morale , car nul ne saurait attacher un sens précis à ces épithètes. Telle est la véritable raison pour laquelle nous considérons Tordre moral lui-même comme exprimant une détermination de la volonté divine. Il s'agit pour nous d'atteindre une conception qui nous permette de maintenir sans inconséquence la réalité de la religion.
La doctrine de l'absolue liberté signifie uniquement que l'ordre du monde est le résultat d'une volonté, et c'est, en effet, la seule forme sous laquelle cette opinion puisse subsister dans une pensée conséquente. Nous ne pouvons pas remonter plus haut que l'acte par lequel Dieu se manifeste à nous, sinon dans ce sens que nous avons de sérieuses raisons pour croire que cet acte est un acte, au sens positif du mot. Nous ne dirons pas que Dieu pourrait vouloir le mal comme le bien, et nous ne nous laisserons pas arrêter par l'imputation de cette conséquence qui nous conduit au-delà de notre limite. Il faut reconnaître, d'un côté, que les perfections morales de la divinité sont réellement des perfections morales, c'est-à-dire une détermination de la liberté ; de l'autre, que nous ne saurions séparer le nom de Dieu de ces perfections. S'il y avait là quelque apparence de contradiction, elle