XXXII PRÉFACE
se lèverait par la pensée que les lois de notre raison qui nous obligent à comprendre ainsi Dieu comme nous le faisons , sont elles-mêmes l'expression de la volonté divine. Il faudrait pourtant comprendre que la position d'une loi, d'un ordre, d'une nature des choses supérieure à Dieu est la propre négation du monothéisme !
Ceci nous conduit à une autre thèse qu'on a vivement attaquée sans en bien apercevoir le fondement et l'importance. Nous avons adopté l'absolue liberté comme la seule manière possible d'élever au-dessus du relatif et du fini les éléments positifs compris dans la formule religieuse d'un Dieu personnel. Aucun autre principe métaphysique ne nous paraît donner une base à la religion, ni même à l'ordre moral ; mais elle ne semble pas également favorable à la science. On lui reproche d'établir le miracle perpétuel, ou, pour parler plus précisément, de contredire au principe de l'immutabilité des lois naturelles, sans lequel l'induction serait impossible. S'il en était vraiment ainsi, cette métaphysique serait jugée. Heureusement la conséquence n'est point nécessaire. Ce que l'ordre moral réclame d'une métaphysique , c'est qu'elle nous permette de considérer notre liberté comme réelle, et qu'elle explique l'autorité particulière attachée par la conscience au jugement de la raison pratique. Ce qu'il fau* à la religion, c'est la Réalité de la bonté divine,