‹ La Philosophie de la LibertéChapitre 30 sur 103 · PRÉFACE XXXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXV

nisme absolu dans la conception du principe transcendant au déterminisme le plus rigoureux dans la conception du monde, de sorte qu'en cherchant à concilier les exigences de la pensée scientifique avec celles du sentiment religieux, nous compromettrions l'intérêt qui nous avait inspiré d'abord et qui doit rester le premier de tous, l'intérêt moral , en sacrifiant la liberté des individus dans le monde. Cette imputation serait précipitée. L'idée que l'univers est voulu tout entier d'une même volonté n'implique la nécessité dans le monde qu'autant qu'elle est nécessaire à l'intelligence du monde lui-même tel qu'il est donné par l'expérience. Si la science empirique peut s accommoder au libre arbitre des personnes, la théologie rationnelle n'y apportera de son chef aucun obstacle ; or, du côté de la science, le déterminisme absolu n'est pas la conclusion d'une induction légitime fondée sur des phénomènes constatés. C'est un postulat naturel, sans doute, mais un postulat ambitieux, qui peut être justement limité par d'autres intérêts de la pensée. S'il était nécessaire à la science d'arriver à la prévision certaine des faits particuliers , le libre arbitre ne serait pas admissible ; mais la science n'y est pas arrivée; rien ne prouve qu'elle y puisse jamais arriver, et cependant elle s'édifie. Considérer cette prévision absolue comme son idéal, c'est simplement supposer ce qui est en

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