‹ La Philosophie de la LibertéChapitre 35 sur 103 · PRÉFACE XLI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XLI

vérité de notre point de vue n'est pas démontrée, je le veux bien , mais il est difficile de croire qu'en pareille matière on arrive à démontrer quoi que ce soit.

Si ce point de vue possède quelque valeur, c'est qu'il réalise un postulat de la raison. L'unité finale qui nous est proposée comme but par le devoir nous garantit l'unité primitive. De l'unité primitive à l'unité finale par le moyen de la pluralité, tel est le chemin, nous ne saurions nous soustraire à cette évidence. Mais l'unité proposée par l'idéal est une unité morale, c'est l'unité d'un multiple, elle implique la pluralité, la pluralité est donc également voulue. La conception du monde et de l'humanité doit concilier ces deux éléments. Nous ne voyons pas comment il serait possible de sortir de ces termes-là sans nier les principes mêmes qui nous ont conduit à les poser. Nombre de penseurs n'y trouveront sans doute aucune difficulté , mais nos critiques ne l'ont pas fait.

L'absolue liberté de l'Etre premier, le caractère absolu de ses déterminations, l'unité de la créature nous sont donc également nécessaires pour atteindre notre unique objet : concevoir Tordre moral comme base de l'ordre universel. C'est d'après ce critère que nous voudrions voir apprécier chacun de nos théorèmes, car c'est ainsi et seulement ainsi qu'on pourra juger s'ils

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