RETOUR DE LA PHILOSOPHIE AU THÉISME
qui nous forcerait à pousser au-delà, suppositions qui, du reste, ne s'excluent point Tune l'autre.
Plusieurs philosophes contemporains en ont ainsi jugé. Elevés dans la discipline de Hegel et dominés par l'influence irrésistible de sa découverte, ils ont espéré s'avancer plus loin que leur maître en suivant le même chemin. La valeur de la méthode dialectique était devenue évidente à leurs yeux par l'habitude de s'en servir , tandis que d'autres considérations, plus ou moins scientifiques, de l'ordre de celles que nous avons présentées au début de ce cours, les portaient à croire que le terme est effectivement plus éloigné. Ils ont donc, les uns poursuivi, les autres recommencé le travail de la logique spéculative, pour établir que la seule idée de l'être dans laquelle il ne reste plus de contradictions n'est pas l'absolue nécessité de l'intelligence, mais l'idée d'un principe moral, d'un principe de volonté libre, susceptible de recevoir le nom de Dieu. Ne pouvant entrer ici dans aucun détail sur leurs doctrines , il paraît superflu de les énumérer; mais leur exemple
poursuite des causes pour ne s'attacher qu'aux lois. C'est ainsi, je le soupçonne fort, que l'entendait le maître; c'est ainsi que les disciples les mieux avisés l'ont compris. Le développement ultérieur des opinions et des méthodes ne permet plus guère d'autre interprétation. Les catégories se laissent disposer par thèse, antithèse et synthèse , en allant de l'abstrait au concret; toutes les réalités sont ordonnées suivant le système des catégories. En soufflant sur la mousse mystique que Hegel fait volontiers pétiller, il ne reste que ces deux thèses dans toute sa philosophie (1865).
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montre dans quel sens la méthode de Hegel peut être un moyen d'arriver à la philosophie de la liberté. Les hommes qui , les premiers dans notre siècle, ont dirigé la pensée métaphysique vers ce grand but,^sont F. Baader, commentateur ingénieux et bizarre du mysticisme de la renaissance, puis Schelling, l'illustre auteur de la philosophie de la nature, sur lequel l'influence de Baader fut assez puissante. Au point de vue logique , cette transformation du principe premier et par là de la philosophie tout entière est un progrès véritable ; nous essayerons de le démontrer. Au point de vue de la philosophie de l'histoire, c'est un retour, brusque en apparence, mais en réalité préparé de diverses manières, à la vérité substantielle que la pensée moderne a pour mission de s'assimiler, et dont la science hâte à son insu l'élaboration , alors même qu'elle s'en éloigne et, qu'elle la renie. Avant qu'un tel retour eût lieu, il fallait, semble-t-il, que toutes les autres voies eussent été tentées. L'esprit moderne n'est revenu à son point de départ que par la nécessité constante d'avancer , et par l'impossibilité de le faire autrement. Mais ici, comme partout sans doute, la nécessité n'est qu'une forme que revêt l'action de la volonté divine. La restauration du principe chrétien dans la philosophie est un fait providentiel. En rapprochant cet événement du mouvement général des pensées et des choses dans notre époque, on en découvre le sens.