DIX-NEUVIÈME LEÇON
Le caractère absolu que nous attribuons aux actes 4e la volonté djvine est le fondement de toutes nos déductions. Par cette proposition nous ne voulons pas restreindre la liberté de Dieu : elle ne la restreint pas en effet lorsqu'on la prend, non pas comme une détermination de l'essence divine, mais comme l'expression d'une nécessite subjective de notre raison. Du mit de cette nécessité subjective, nous concluons seulement que Dieu veut être connu de nous comme un aet* absolu , et par conséquent qu'il se fait connaître à nous dans un acte absolu.
Cet acte absolu est l'Amour. L'amour ne peut être que le fait d'une volonté libre ; on ne saurait, sans en contredire la définition , l'envisager comme exprimant la nature de l'être, ou son essence. L'amour considéré comme motif de la création implique la liberté de la créature ; car la liberté est son bien. Dieu veut son bien, et par conséquent aussi son bonheur, qui est la conscience du bien. Mais le bien positif de la créature ne peut venir que du fait de sa propre liberté.
Le nœud de cette philosophie 3e trouve dans l'idée que les actes de la volonté absolue sont des acles absolus. Sans un tel intermédiaire, nos solutions jureraient avec notre méthode.
En effet, l'analyse métaphysique nous conduit à la liberté, dont il est impossible de rien tirer a priori. Si le monde naît d'un acte de pure liberté, l'expérience seule peut nous faire connaître quelque chose du monde ; nous n'apercevons aucun moyen de saisir l'effet dans sa cause et de conserver à la science la forme de déduction rationnelle. Pourtant nous n'avons pas absolument renoncé à cette forme, sans laquelle il n'y a pas d'intelligence parfaite. Il semble donc qu'il y ait contradiction entre la marche de notre philosophie et son contenu .