‹ La Philosophie de la liberté, [Tome] 1: L'IdéeChapitre 11 sur 86 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

couvre encore rEurope, et que la parole d'affranchissement sert de mot d'ordre aux gardiens d'esclaves. Pour rendre le Christianisme intelligible, il faudrait que le salut soit présenté comme une transformation morale amenée par des causes morales, et non comme une exemption de peine ou comme une révolutioit violente attachée à des conditions arbitraires ou injustes. Il faudrait que l'œuvre du Seigneur et celle qui s'accomplit dans l'ftme sauvée fussent en conformité parfaite avec les lois du monde moral qui s'attestent dans notre conscience. Mais il faudrait que cette idée du salut répondit également au sentiment d'indignité, d'impuissance, au besoin d'attribuer tout bien à Dieu qui est le fond même de la religion véritable. Enfin si le Christianisme doit subsister, il faudrait que ce salut nous apparût comme l'ouvrage de Jésus- Christ en faveur de l'âme sauvée par son union à Jésus-Christ.

Tels sont les éléments complexes dû problème que nous essayons de résoudre ici. Sans toucher aux questions historiques et sans revendiquer pour les documents primitifs du Christianisme une autorité particulière, nous avons voulu faire voir que la substance de leurs récits n'est pas nécessairement contraire, mais qu'elle serait plutôt tout-à-fait conforme à l'ordre vraiment naturel. Par où nous entendons Tordre raisonnable, l'ordre admissible, celui que suggère l'idée d'une fin morale de l'his*

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