PRÉFACE XIX
toire et de Punivers, le seul qui nous pennettc d'accepter sincèrement les résultats de Tobservation sans nous donner un démenti à nous-mêmes en niant le bien, le seul par conséquent qui réponde aux conditions de la certitude.
Nous ne nous flattons pas d'un entier succès; mais si nous avions seulement fait un pas vers une solution satisfaisante, les termes du problème critique en seraient forcément déplacés.
Nous savons le pli qu'imprime à l'être tout entier l'enseignement autoritaire. Nous n'ignorons pas non plus les répulsions passionnées que le mot religion excite aujourd'hui, et nos dernières o*bjectîons au miracle seraient levées, si ces timidités, si ces antipathies, si le souci des monopoles et la surveillance des douaniers littéraires n'empêchaient pas notre pensée d'atteindre les esprits toujours clair-semés dont la vérité quelle qu'elle soit forme le seul parti pris. Mais pour ceux-là, si nous ne réussissons pas à les persuader, ils reconnaîtront du moins ce qui distingue notre tentative, ils écouteront, ils pèseront avant de condamner : même ils nous souhaiteront le succès. Un regard sur l'état présent de la société ne leur montre-t-il pas qu'elle ne sait à quoi se tenir, ni comment régler sa marche? Ne savent-ils pas qu'une société qui n'a pas de ciment tombe en poussière? Un moment de réflexion ne suffit-il pas à les convaincre que les chemins frayés n'aboutissent pas?