‹ La Philosophie de la liberté, [Tome] 1: L'IdéeChapitre 15 sur 86 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

rinstrument du salut, Téglise est le canal des grâces divines, l'église est le dépositaire de la vérité, l'église forme un troupeau, les laïques en sont les brebis et les prêtres leurs bergers, ou plutôt, docteurs et directeurs des individus et des peuples, les prêtres forment seuls l'Eglise, par laquelle Dieu veut gouverner le monde. Ce qui importe avant tout, c'est la conservation de l'Eglise, et comme l'unité de l'Eglise dépend de l'unité de la doctrine, il est indispensable que l'unité de la doctrine soit mise à l'abri. Il ne s'agit pas ici d'une unité purement conventionnelle, il s^agit de l'unité dans la vérité. L'Eglise, qui enseigne les hommes, est elle-même enseignée. Elle a reçu le don du Saint-Esprit. Pourvu qu'elle soit régulièrement constituée, l'inspiration divine ne saurait lui manquer. Ainsi la question de vérité se trouve enveloppée dans une question de légalité, la vérité devient perceptible aux sens, et la solution désirée approche : là où est l'Eglise, là est la vérité. Sur xes points, l'accord des catholiques est parfait. Tous admettent également que les décisions d'un concile universel, convoqué par l'évêque de Rome, sont les décisions de l'Eglise elle-même, lorsque l'évêque de Rome les a sanctionnées. Ces résolutions ne sont pas seulement souveraines, elles sont inspirées, infaillibles. Ceci n'est point contesté. Ainsi les Conciles ne sont rien sans le Pape; le Pape, au contraire, est quelque chose sans les

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