XXVI PRÉFACE
rite, si leur embarras m'intéresse, c'est malgré moi. Ils ont accepté le principe, qu'ils en subissent les conséquences. D'arance ils ont renoncé à Pusage de leur esprit et de leurs yeux en faveur de l'autorité légitime dans l'Eglise ; que cette autorité soit celle d'un monarque ou d'une assemblée, le sacrifice reste le même; c'est l'abandon de la personnalité morale toute entière.
L'agitation du monde catholique a lieu de surprendre. Puisque le résultat sera nécessairement salutaire et bon, pourquoi s'alarmer, pourquoi discuter? Que les ultramontains, troublés dans leur possession, se fâchent un peu, passe encore. Le pape est tout pour eux, le concile rien, car à côté du tout, il n'y a rien; la tentative d'amoindrir le représentant de Dieu sur la terre a sujet de les indigner. Mais que de sincères catholiques redoutent les résolutions probables du Vatican, assurés comme ils le sont qu'elles exprimeront dans tous les cas la vérité éternelle, qu'ils essaient de peser sur le Saint-Esprit pour le tourner au sens de leur infirmité: ceci doit étrangement surprendre les simples *.
Pour l'entendre, il faut se rappeler avec quelle facilité l'esprit catholique passe du sens propre au sens figuré, et quelle place tient la fiction légale
* Les lecteurs qui regretteraient cette discussion comme inopportune observeront qu*elle ne touche point aux arguments tirés de irrégularité du Concile même (27 août 1871).