‹ La Philosophie de la liberté, [Tome] 1: L'IdéeChapitre 23 sur 86 · PRÉFACE XXXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXV

croyants que le libre examen a conduits à sa formule et qui désormais n'examinent plus. Si la congrégation n'écarte pas ceux qui se séparent de ses vues, elle n'est plus qu'un cadre vide, elle n'est plus rien; de sorte que l'esprit de recherche, la préoccupation consciencieuse de la vérité parmi ses membres, sont incompatibles avec sa paix et mettent constamment en péril son existence. L'étude personnelle, indépendante, est un devoir pour le protestant, et s'il pratique ce devoir, il fait le désert autour de lui, rien n'est plus aisé que de s'en convaincre.

D'où vient que tant d'opinions divergentes sur des points capitaux au jugement de chaque secte, se réclament également de l'Ecriture, avec une égale bonne foi ? Ce fait, qu'on ne songe plus à contester nulle part, ne comporte qu'une explication ; mais si l'on accorde le fait, on n'en repoussera pas moins l'explication, parce que l'admettre serait abandonner le terrain où la Réforme s'était assise. La Bible n'est pas un livre, c'est un recueil. Nulle confession ne l'embrasse également tout entier, chaque parti se fonde sur certains textes qui parlent clairement dans son sens, et s'efforce avec plus ou moins de succès de ramener à la même doctrine ceux qui servent de base aux sentiments contraires. On oppose passage à passage, et si nul chrétien biblique ne peut avouer que l'un contredise l'autre, la controverse prouve assez que

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