‹ La Philosophie de la liberté, [Tome] 1: L'IdéeChapitre 25 sur 86 · PRÉFACE XXXVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXVII

puisque d'autres les allèguent pareillement en fayeur d'un parti contraire. Notre foi reste notre ouyrage, et la méthode n'aboutit pas.

Qui nous prouve d'ailleurs l'inspiration surnaturelle de tous les ouvrages dont se compose le recueil sacré? Le témoignage de l'Eglise qui la leur attribue, et pas autre chose; car si nous en appelions à leur excellence intrinsèque, nous nous ferions juges du Saint-Esprit. Statuer l'autorité du volume en rejetant celle des docteurs qui en ont choisi les éléments, c'est un coup d'autorité dont rien ne saurait masquer la violence. Et c'est uniquement le respect pour la tradition réformée, ce n'est pas le respect pour la Parole de Dieu qui suggère ce procédé héroïque. Ce que le dernier commanderait avant tout, c'est qu'on ne reçût rien comme venant de Dieu sans en être parfaitement sûr. L'autorité de l'Ecriture exige donc la définition de l'Ecriture , laquelle implique nécessairement l'autorité de l'Eglise et de la tradition. La réforme n'en voulant pas, elle est forcée de remettre à l'individu le soin de trouver en quoi la Parole de Dieu consiste, c'est-à-dire de lui livrer tout. Il ne s'agit plus seulement du sens des mots, il s'agit de savoir quels textes il faut accepter ou rejeter, quels sont les auteurs des livres consacrés, quelle sorte d'inspiration chacun d'eux s'attribue luimême, quelle il accorde à d'autres, quelle nous devons leur* accorder. Pour résoudre de telles

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