‹ La Philosophie de la liberté, [Tome] 1: L'IdéeChapitre 26 sur 86 · XXXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PRÉFACE

questions, Fautorité de la Bible ne sert plus de rien, et la raison individuelle reste le seul critère, le seul organe de la vérité. Ce sont là des vérités banales, mais plus elles sont banales, moins il est permis de les méconnaître.

Ainsi la divine autorité de la Bible posée comme fondement par la Réforme ne dispense nullement rhomme, sujet à Terreur de se faire une opinion à lui-même, puisqpi'à tout le moins, il lui reste le soin de choisir entre les diverses interprétations du livre saint, c'est-à-dire entre des systèmes diamétralement opposés les uns aux autres.

Puis cette thèse de la Bible divine oblige d'admettre l'inspiration et l'autorité de l'Eglise, qui a €hoisi les livres de la Bible et déclaré leur origine. Elle implique donc l'autorité de l'Eglise en général, à moins qu'on ne puisse marquer autrement que par une pure assertion le moment où ce privilège lui a été retiré. La Réforme abjure et se soumet à la tradition, ou bien la valeur et l'autorité de la Bible elle-même sont remises au jugement individuel; la Bible n'est plus dès lors qu'un document -et un problème, la Réforme abandonne encore sa position historique et son trait distinctif, l'esprit humain reste la seule autorité pour lui-même, et nous entrons en plein dans la libre pensée, dont le Christianisme libéral n'est qu'un costume de circonstance. Le choix de ce dernier nom n'est pourtant pas un caprice, ce n'est pas une rémi-

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