‹ La Philosophie de la liberté, [Tome] 1: L'IdéeChapitre 27 sur 86 · PRÉFACE XXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXXIX

niscenee ingéaieuse, moios encore un calcul; il marque le terme d^une évolution dont tous les moments sont numérotés. Chacun se cramponné à son cran, sans arrêter la roue.

La libre pensée, on y vient. Qu'est-ce que c'est?

Les libres penseurs ont été désignés successivement sous les noms de libertins, d'esprits forts et de philosophes. Ils ont renoncé à ce dernier titre, qui les décrierait. Le libre penseur est un occidental dont les opinions sont ce qu'il lui plaît, qui peut-être n'en a point du tout , mais qui ne veut entendre parler ni du Christianisme, ni d'aucune révélation divine quelconque. Cette définition nous paraît conforme à l'usage; il y avait quelque intérêt à la donner, entre autres pour constater quelle grave restriction apporte la profession de libre pensée à la liberté de penser. En effet, le Christianisme est entendu de bien des manières, le terme révélation comprend les rapports les plus différents ; mais d'entrée tous ces rapports sont exclus. Permis au libre penseur de croire en Dieu. Seulement, dans ce cas, pour éviter de se contredire, il doit écarter de lldée divine toute possibilité de se manifester dans l'âme humaine et dans l'histoire, autrement le problème d'une révélation de fait resterait ouvert, ce qui est absolument contraire aux règles de la profession.

Si la libre penseur songeait à l'histoire, il ne tarderait pas à s'apercevoir que son esprit s'exerce

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