PRÉFACE XLV
Eh bien! mysticisme soit; nous en acceptons l'opprobre. Nous croyons que Dieu est, quHl est esprit, qu'il est le père des esprits, qu'il parie à l'esprit. Nous n'ignorons pas qu'on peut feindre qu'il parle lorsqu'il se tait, nous n'ignorons pas qu'on peut confondre l'imagination de son propre cœur avec cette voix intérieure. Nous ne méconnaissons point les périls attachés à notre opinion. Nous confessons que le préjugé qui l'accable s'explique et se justifie jusqu'à un certain point par l'histoire. Nous croyons sentir l'inspiration chez, plusieurs, nous n'attribuons l'infaillibilité à personne. Nous accordons que le mysticisme ne résout pas mieux que le rationalisme, pas mieux que l'autorité, le problème chimérique de la certitude absolue. Nul ne peut être entièrement certain que si Dieu lui parle lui-même, et encore ce motif incommunicable de conviction r^ose-Wl après tout sur l'énergie du sentiment intérieur, laquelle, sans doute, a des degrés et n'exclut ni nUusion, ni les mélanges. Mais il faudrait plus que tout cela pour condamner une croyance impliquée dans la foi sincère en Dieu.
L'objet de cette croyance, c'est le Saint-Esprit. Toute notre pensée là-dessus peut s'exprimer par deux mots, le premier : « VEsprit souffle où il veut^ » le second: < vous reconnaîtrez Parère à ses fruits. » A tous les arguments à priori pour établir l'inspiration nécessaire d'un homme, d'un conseil ou d'un livre, une spiritualité véritable opposerait un à