‹ La Philosophie de la liberté, [Tome] 1: L'IdéeChapitre 38 sur 86 · DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LEÇON

XXI. * La créature Ubre, appelée à constituer sa personnalité par Vamour de Dieu, est virtuellement une; son état effectif dépend de la détermination qu'elle doit se donner elle-même. Son unité virtuelle résulte de la création, que nous considérons a priori comme Teipression d'une volonté absolue.

XXII. La créature libre peut : a) Vouloir rester dans son état primitif d'indétermination ; b) se constituer en Dieu par Va^ mour de Dieu ; c) cJiercher à se constituer en elle-même indépendamment de Dieu; d) chercher à se constituer en elle-même contre Dieu,

XXIII. La condition de l'humanité résulte de l'adoption d'UN des partis indiqués à Vexclusion des autres.

XXIY. La condition actuelle de l'humanité résulte de l'acte par lequel la créature primitive a voulu se constituer indépendamment de Dieu. En effet, nous sommes détournés de Tamour de Dieu par nos dispositions naturelles et par le milieu naturel et social dans lequel nous vivons. — Les trois autres possibilités indiquées offriraient un moyen d'expliquer l'origine de la nature inconsciente , celle des anges et celle des démous.

La liberté divine se fait connaître dans la création, œuvre d'amour, qui produit une créature libre, mais c'est nous-mêmes qui sommes cet être dans lequel l'absolue liberté se manifeste comme

i Vingt-deuxiènie de la première édition.

2 Les vingt premièreft thèses, résumant la métaphysique, forment les sommaires dtt premier volume et sont reproduites dans la leçon précédente.

telle, puisqu'a |?riorê, c'est-à-dire en suivant les lois de la raison que notre créateur nous a donnée, nous arrivons à comprendre que ce principe de toutes choses est liberté. Nous sommes donc Tœuvre de l'amour, c'est nous qui sommes la créature appelée à fixer, par un libre choix, sa propre nature et son propre sort. Ainsi la conséquence logique exige que nous remontions à ce choix pour expliquer notre existence actuelle.

L'étude que nous abordons a pour objet l'anthropologie ; elle embrasse les sommités de l'histoire , car l'homme actuel est le produit de l'histoire. Cependant nous sommes autorisés à suivre dans cette recherche une marche purement déductive, la liberté de la créature et la permanence de l'amour divin nous servant de principes a priori

Nous rappellerons quelles alternatives s'offrent au choix de la créature; nous essayerons de les poser aussi complètement qu'il est possible. Nous devrions poursuivre ensuite les conséquences qu'entraînerait leur réalisation, et rechercher comment l'amour divin atteindrait son but en chacune d'elles. L'exécution fidèle de ce programme nous conduirait certainement au résultat désiré : comment ne pas arriver au réel en épuisant le possible ? Et nous pouvons l'épuiser, car ici le nombre des possibilités est nécessairement limité, puisqu'il ne s'agit plus de la liberté absolue, mais de la liberté relative

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