PRÉFACE IX
son juste emploi, nous voulons également qu'elle ait établi sa grande thèse, l'inanité de tout effort pour démontrer quoi que ce soit relativement à la cause absolue des phénomènes. Son premier mérite étant la bonne foi, elle nous accordera que le problème n'en conserve pas moins un attrait impérieux. Elle nous répétera bien souvent que les convictions sur les origines et sur l'avenir sont une affaire personnelle, indiscutable. Elle nous permettra de récuser comme incapables de s'entendre eux-mêmes et décidément incompétents ceux de ses prétendus disciples qui débutent par une majestueuse profession d'impartialité entre les métaphysiques , dont la science, disent-ils, n'autorise aucune, pour arrivei:, dès leur seconde phrase, à se prononcer absolument dans le sens d'une métaphysique donnée, à l'exclusion de toutes les autres. Et néanmoins la critique avouera que toutes les opinions n'ont pas même valeup, elle posera des limites, elle exigera que la croyance d'un homme raisonnable ne contredise aucun fait bien acquis et ne choque pas les lois de la pensée. Enfin elle ne refusera pas de compter au nombre de ces lois la distinction du bien et du mal.
On n'en demande pas davantage; on ne songe pas à s'imposer. La Philosophie de la Liberté ne veut être qu'une manière de s'expliquer le phénomène de l'existence humaine et du monde actuel ; encore ne s'ofire-trelle qu'aux esprits convaincus