X PRÉFACE
d'avance que la vérité morale est la vérité, le premier et le dernier mot de toutes choses.
Plusieurs ont entrepris une tache pareille. Aucun ne nous semble s'en être acquitté ; tantôt ils rabaissent ridée, tantôt ils accommodent les faits, le plus souvent Tun et l'autre. Cette circonstance devrait recommander notre tentative à tous ceux qui s'accordent av^c nous sur la place de la morale. Il est vrai que ce volume prête à l'accusation de théologie. Il ne se rattache pas seulement aux récits de l'Evangile, il commente les dogmes aujourd'hui les plus décriés ; on y parle de la Trinité de Dieu, de la divinité du Christ, il y est même question de deux natures en Jésus-Christ. Nous n'aurions probablement pas trouvé ces expressions de nousmême. Certaines formes n'étaient peut-être pas indispensables , et si nous savions comment les enlever, nous le ferions volontiers pour amollir les préventions, pour diminuer les malentendus. Mais le fond des choses n'en est pas affecté, la substance qu'elles renferment nous paraît saine. Elles expriment encore notre conviction actuelle. Nous y voyons, non pas des vérités scientifiques qui s'imposent et se démontrent, mais la seule manière de nous expliquer l'histoire et nous-mêmes, en gardant ce que nous ne saurions quitter, la croyance au bien vivant, la croyance en Dieu. On n'empêchera jamais le grand nombre de juger des choses sur l'étiquette, et l'on est responsable du choix de ses