‹ La Philosophie de la liberté, [Tome] 1: L'IdéeChapitre 67 sur 86 · QUATORZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUATORZIÈME LEÇON

XLVIII. La mort de l'humanité en Jésus-Christ est exigée par rameur lui^mhne ; ainsi le christianisme se résume tout entier dans V amour.

Remarque. Ce que nous appelons la justice de Dieu est le respect de la liberté créée, résultat de Tamour créateur. L'idée propre de justice, qui est égalité et réciprocité^ n'est point applicable au rapport de Dieu et de Thomme , Thomme n'ayant aucun droit sur Dieu, tandis que Dieu ne peut rien receroir de Thomme. Dieu n'exige rien de nous en vue de lui-même; son but immuable est notre bien. Il déploie son amour dans ses châtiments, quelle qu'en soit la durée.

XLIX. La foi, condition du salut et principe de la sanctification, est un acte de volonté : l'adhésion du cœur à l'œuvre du Christ pour nous, dans le désir qu'elle s'acomplisse en nous.

Dans la leçon précédente nous avons essayé de rendre compte du dogme chrétien suivant nos principes, sans mettre la vérité du christianisme en question. Nous en avons accepté la doctrine fondamentale, Texpiation de nos péchés par Jésus- Christ ; et c'est en creusant l'idée chrétienne ellemême, c'est en rapprochant les éléments donnés par l'Evangile que nous avons cherché l'harmonie du dogme et de la conscience morale. Nous nous sommes donc placé sur le terrain de la théologie révélée. Partant de la foi de l'Eglise, qui a toujours souffert interprétation, nous nous sommes efforcé de la

concilier avec la raison dans Tintîmité de la conscience morale, parce que, à nos yeux, la conscience est en même temps le critère supérieur de la vérité scientifique et le commencement de la foi religieuse : Tesprit qui doit nous enseigner est Tesprit saint.

Il faut donc que tous les dogmes s'accordent avec ridée morale. Il n'est pas moins nécessaire qu'ils s'accordent entre eux, et particulièrement avec le dogme par excellence, avec l'idée de Dieu. Il faut qu'ils s'accordent entre eux, non par des limitations réciproques, mais en subsistant chacun dans la plénitude de sa force. La réflexion philosophique nous a conduit à définir Dieu l'amour absolu, parce que la pure liberté nous a paru la seule notion vraiment inconditionnelle, et l'amour, le seul acte où nous puissions concevoir la puissance infinie ^de la liberté se déployant sans s'amoindrir. C'est une vérité philosophique ; c'est aussi une vérité révélée : l'apôtre Jean a écrit cette parole éternelle : Dieu est amour. Dieu n'est pas ceci et cela ; Dieu est simple ; Dieu n'est pas amour, puis autre chose encore qui limite et contredise l'amour; l'amour e^cplique l'intimité de son être, l'amour épuise sa notion ; et pour que le mot de Jean subsiste, il faut que la théologie arrive à présenter le système entier de ses dogmes comme le développement naturel de l'idée d'amour.

On explique le saciiflce de Jésus-Christ par la

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