‹ La Philosophie de la liberté, [Tome] 1: L'IdéeChapitre 7 sur 86 · PREFACE XIII · texte numérisé non relu

PREFACE XIII

ne Tarrêtera, mais ceux qui veulent aller par sauts retombent en arrière. Il en est ainsi dans le monde des faits, il en est ainsi dans celui des idées. Nous acceptons la tradition, nous la continuons en en cherchant le sens. Nous ne voulons point nous séparer de l'Eglise chrétienne, et l'on n'a pas le droit de nous en exclure, car si les pensées que nous exprimons ici n'ont pas reçu de consécration officielle, toutes néanmoins ont été proposées en divers temps, en divers lieux, par des hommes qui s'estimaient chrétiens et qui ont été acceptés comme tels. C'est qu'en réalité l'unité chrétienne réside en un fond où la réflexion puise toujours sans réussir à l'amener à la surface. L'Eglise cherche encore le sens du Christianisme, parce que l'humanité se cherche toujours.

Uni de cœur au Christianisme historique , nous n'en repoussons que plus décidément l'opposition de la nature et du surnaturel. Nous ne saurions y voir qu'une manière de séparer l'athéisme et la croyance en Dieu. Mais dans la commune affirmation d'un Dieu vivant, d'un ordre moral efficace, il n'y a pas même besoin de parler d'un Dieu personnel; l'affirmation et la négation d'un fait surnaturel par opposition aux lois de la nature nous semblent l'une et l'autre l'effet d'un malentendu, pour ne pas dire une contradiction pure et plate. Suivant ce point de vue, contraire à tout dualisme, la nature, c'est ce que Dieu veut, et ce

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