‹ La Philosophie de la liberté, [Tome] 1: L'IdéeChapitre 8 sur 86 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

que Dieu veut, il le veut: Tordre naturel, c'est Tordre divin. Rien ne s'en détache, sinon le péché et les suites du péché. Supposer que les lois établies de Dieu ne sont pas assez parfaites pour embrasser tous les cas, pour répondre à tous les besoins, pour lui fournir les moyens d'exécuter partout sa volonté et de manifester partout sa présence, c'est avouer que ces lois ne sont pas bonnes, c'est un dualisme caché, c'est un anthropomorphisme mythologique. Dans ce sens, le surnaturel est blasphématoire. Mais en conclure que tout ce dont nous ignorons les lois est impossible, qu'un ordre physique absolument étranger à la réalisation de nos fins morales est le dernier mot de Tordre réel, que la contraction de notre fibre musculaire (ce miracle de chaque instant) est absolument la seule manière dont la volonté puisse modifier le monde sensible, qu'entre Tordre moral et le mécanisme il n'existe aucun lien, parce que nous n'en démontrons aucun ; en conclure que nous savons tout, et que tout fait étrange est un fait impossible, c'est exclusif, c'est abusif, c'est une autre forme de la même erreur. Le théisme dit philosophique enseigne à chercher la cause de l'Univers dans une intelligence, dans une essence morale qui se propose une fin morale. Il enseigne de plus que cette cause s'est manifestée une fois, une seule fois, par Tagencement d'un pur mécanisme où Tordre moral n'entre pour rien. Il établit

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