LA FOI
cation est le réveil du germe impérissable de Christ en nous, dont la sanctification est le fruit. Ce réveil est l'effet d'une volonté qui ne s'appuie plus sur elle-même, mais sur Christ, et cette volonté est la! foi, don gratuit offert à toute âme d'homme par la miséricorde infinie, don gratuit, mais qu'il faut accepter. Courbés sous le poids d'une nature corrompue, nous ne pourrions le faire de nousmêmes si le sacrifice de Jésus-Christ, en nous lavant de la taché originelle, ne nous en eût déjà rendu la faculté ; car la peine du péché dont il nous affranchit, c'est la nécessité de pécher encore. Ainsi nous acceptons librement le don de la grâce, mais la liberté que nous avons de le recevoir est elle-même une grâce.
Ajoutons, malgré les apparences, mais sur la foi de l'Evangile et du respect que nous devons à Dieu, que cette première grâce est accordée à toute âme d'homme au temps que le Seigneur connaît. Tous sont appelés par le Sauveur, et tous sont libres de le suivre. Christ lui-même est Fauteur de cette liberté.
Dans cette conception, les principaux dogmes chrétiens, sans rien perdre de leur réalité historique et substantielle, nous semblent s'harmoniser parfaitement avec la conscience morale et par là se légitimer aux yeux de la raison. Ils rentrent tous, au fond, dans cette idée : La liberté divine se déployant en forme d'amour par la création d'un être libre
La présence active de Dieu dans la créature
spirituelle et Funité de celle-ci ne sont pas des
principes subsidiaires, mais deux conséquences
fort élevées du principe que je viens d'énoncer.
Tout revient donc, comme essence à la liberté, comme fait à Tamour.