II. — La science orientale
Que dans certains domaines, l'Inde et l'Assyrie, la Phénicie et l'Egypte aient produit de grandes choses, imaginé et réalisé d'importantes créations, nul ne le conteste aujourd'hui; mais sur le terrain qui nous occupe, leur intériorité par rapport à la Grèce éclate au grand jour (I). Et cependant, on l'a dit avec raison, sous le ciel de l'Orient, ce n'est pas la nature si variée, si productive, si féconde, qui a fait défaut à l'homme ; elle y est au contraire plus riche, plus brillante ])eut-ètre que partout ailleurs ; c'est l'homme qui a fait défaut à la nature. Ou il s'est laissé paresseusement envahir et absorber par elle, ou s'il l'a considérée, c'est à la façon naïve de Feulant, nullement préoccupé de la comprendre, faute tout à la fois d'une curiosité assez éclairée pour se poser les problèmes à résoudre,et d'une méthode assez sûre pour en atteindre la solution. L'Inde, ('tudiée dans ses plus anciens monuments, nous a déjà mis en présence d'un peuple associant la nature sous loutes ses formes à ses croyances comme à ses pratiques religieuses, issues les unes et les autres d'une imagination vagabonde dont la raison n'a jamais controh', ni contenu les écarts. L'Hindou s'olïVe à nous avec un Ilot intarissable de poésies presque toutes de caractère liturgique, et quelques essais étranges de métaphysique : l'étude méthodique de la nature
(1) Le Màliabhàiata contient cette pliraso (viii, 2107) qui équivaut à. un aveu formel : « Les Yavàuas possèdent toute science »,