‹ La philosophie de la nature chez les anciensChapitre 31 sur 68 · LA SCIENCE UELLÉMQUK IM · texte numérisé non relu

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ture, lui poser des questions dans tous les sens, lu nieltre à la torture, s'il le fallait, en lui imposant un travail (lôloriuinc en vue dune démonstration attendue, et sous la contrainte de cette dialectique d'un nouveau j^enre, roltli^ci- ii livrei riin après l'autre tous ses secrets. Ce procédé qui nous parait si simple, qui nous est devenu si familier, les anciens l'ont ignoré, iaute de soupçonner et davoir mesuré la puissance dont il dispose pour compléter et contrôler les données do lobservation [ 1). Ces vieux philosophes, qui semblent n'avoir d'autre préoccupation, d'autre champ d'étude que la nature, ne savaient ni la solliciter par l'expérience, ni l'éfjier adroitement pour surprendre son action, ni jeter les phénomènes dans une sorte de creuset où s'opère le départ de l'essentiel et de l'accidentel (2|. Au reste, la réllexion ou un heureux hasard eùt-il conduit à imaginer et à pratiquer des recherches de ce genre, on se fût exposé à être traité de charlatan, de magicien, comme plus tard d'alchimiste et de sorcier.

Gomment expliquer cette étrange attitude, en si frap[)ant contraste avec ce qui se passe dans l'ère moderne ? D'une part, semble-t-il, elle résulte d'un respect exag('ré pour la na-

(1) Il convient cependant de noter que d'après Chalcidius le niédei'iu pythagoricien Alcméon aurait le premier proclamé la noîcessité et donné l'exemple des dissections. Ilumboldt affiinie ne pas counaitre dans l'antiquité d'expériences physiques véritables antérieures à celles qui servirent à I^tolémée à déterminer leslois de la réfraction : l'n^itirpœ de ce savant renfermait un énoncé précis des variations du rayon lumineux passant de l'air dans l'eau, ou dans le verre.

(2) Je ne m'arrêterai pas ici à discuter et à réfuter après M, Milhaud la singulière théorie ainsi résumée parce savant éciivain :« Si les (jrecs n'ont pas créé la science expérimentale, c'est que leur tournure d'esprit les en aurait rendus incapables. Seul, ce qui est démontré, ce qui peut rentrer aux yeux de la raison dans l'ordre immuable des choses, était accepté par eux comme donnée scientifique. Il fallait, pour que notre science pût naître, une éducation nouvelle de l'esprit humain, qui la détournât du besoin constant de démonstration rationnelle. Cette éducation, le fidéïsme religieu.\ du moyen âge l'aurait réalisée ».

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