J2 CIIAI', III. — LA SCIENCE DE LA NATURE
parmi les plus vastos, les plus complexes, les plus obscurs, partant, les plus difficiles à ri'soudre, tandis que d'autres, en apparence mieux à la portée de l'humaine intelligence, et en tout cas plus riches en applications de tout genre, n'avaient pas réussi à provoquer l'attention. De toute manière il ne nous sied pas de nous montrer s('vères pour les faux pas inévitables d'une science encore neuve, manquant à la fois de points d'appui et do points de repère. Et si la notion que les savants antiques so faisaient de la nature était vague et imprécise, s'ils se sont médiocrement préoccupés de relier par un enchaînement logique les multiples significations données à ce mot si compréhensif, est-ce que nous modernes, nous ne continuons pas comme les anciens à parler de la nature sans nous soucierautrement de définir de plus près soit celte puissance mystérieuse, tour à tour notre bienfaisante alliée et notre inclémenle adversaire, soit cette collectivité d'êtres et de phénomènes qui nous entoure et à certains égards nous enveloppe? mais les forces qui agissent dans la nature, les transformations qui s'y produisent, nous les connaissons infiniment mieux que les Grecs et les Romains, nous les mettons en o'uvre avec une maîtrise et une sûreté qu'ils n'ont jamais connues. Seulement, on en a fait justement la remarque, si nous sommes plus riches qu'eux, au fond, continuant leur labeur intellectuel, nous ne faisons qu'accroître leurs trésors qui sont ceux de l'Iiumanité.