‹ La philosophie de la nature chez les anciensChapitre 8 sur 68 · IX · texte numérisé non relu

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(4) Ecclésiastique, i, 2.

(o) Ecclésiastc, m, 11 : Mundiuu Iradidit disputationi enriim, ut non inveniat homo opus quod operulus est heits <ih initiousqitr nd finrin. Cf. I, l'i.

2G en A p. I. — LA NATURE ET LA PENSÉE RELIGIEUSE

ment. « Il a une manière de sentir royale et divine, disait Ifcrder du sage de l'Idunire. C'est toujours la même notion du néant de la création, dès qu'on la compare au Créateur, au moindre signe duquel les colonnes du ciel tremblent saisies d'effroi : c'est la même impuissance de l'hoinme à se faire une idée même lointaine du Tout-Puissant : ce sont les mêmes exclamations d'admiration et de stupeur en face de ce monde prodigieux au milieu duquel il se trouve jeté et où, en dépit de la Providence, le mal tient tant de place. 3lais ici c'est Dieu lui-même qui est supposi^ intervenir pour enseigner à son serviteur combien ses œuvres dépassent la portée de l'iiomme. Dans un morceau plein d'une poésie sublime, tous les êtres et tous les phénomènes de là création sont évoqués tour à tour pour faire à la puissance divine le plus imposant des cortèges et laisser Job comme écrasé sous la conscience de sa petitesse :

« Où étais-tu quand je jetais les fondements de la terre? Dis-le moi, si tu le sais. Sais-tu qui en a posé les limites? qui on a tracé le plan? sur quel fondement sont assises ses bases? qui en a fixé la pierre angulaire, lorsque les astres du matin me louaient de concert, au milieu de l'allégresse générale des enfants de Dieu ? sais-tu qui a emprisonné la mer dans ses rivages, lorsqu'elle débordait en sortant du sein de sa mère, lorsque pour vêtement je lui donnais les nuées et que je l'enveloppais d'obscurités comme des langes de son berceau? c'est moi qui ai marqué ses bornes, qui lui ai imposé des bar rières, et je lui ai dit : « Tu viendras jusque-là, et tu n'iras pas plus loin : et là tu briseras l'orgueil de tes fiots ». Est-ce toi qui depuis ta naissance as commandé à l'étoile du matin, et montré à l'aurore le lieu de son lever? est-ce loi qui tiens

dans tes mains et qui secoues les extrémit('s de la terre?

Es-tu entré dans les gouffres de la mer? as-tu porté tes pas aux confins de l'abîme? Les portes de la mort se sont-elles ouvertes devant toi, et ton o'il a-l-il percé ses sombres demeures? As-tu considère; l'étendue de la terre? Dis-moi, si tu sais tout, où habite la lumière, où résident les ténèbres?...

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As-tu sondé les trésors de la neige? as-tu visité les trésors de la grêle?... Elèveras-tu ta voix dans les nues, el le torrent des eaux fondra-t-il sur toi?... Est-il un niorlcl capable de raconter les lois du llrmament, ou de faire taire le concert harmonieux des astres? »

Et les questions divines se succèdent et se pressent, passant en revue tous les règnes de la nature, tous les prodiges de la création. Jamais poésie ne s'est élevée à une plus haute et plus riche éloquence : mais entre de telles pages et la science véritable de la nature, est-il besoin de le constater? il y a un abîme. Chez les races sémitiques, où l'idée religieuse est toujours restée si vivace, le travail métaphysique, jamais vraiment original, a rarement enlantt' des œuvres durables.

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