‹ La philosophie de la paixChapitre 6 sur 11 · C. — A Potsdam : le Bureau de géodésie · texte numérisé non relu

C. — A Potsdam : le Bureau de géodésie

D. — A Pari» ; le Bureau dos poids et mesures.

Rouen (igoS) ont clé ouverts ou clolurcs officiellement au nom tic leur Gouvernement par un membre du minislcrc hongrois ou du miuiàtère français?

Ces faits nous amcncnl à dire un mot clés essais récents c\presséinenl tenlôsi par les Gouvernements en vue d'assurer la paix universelle. Les Amphictyonica de lu Grèce antique, lu Paj: fiomana, n'avaient jias exercé leur action au-delà dns confins du monde « liarbare ». La v Paix de l'EgJisc » n'arriva pas même à supprimer la guerre entre princes chrétiens. La Révolution inscrivit bien dans la cunstilution de 1791 '. « La nation française renonce à entreprendre aucune guerre dans la vue de faire des conqu<^lcs ». Mais elle dut faire la guerre pour se défendre, et le génie malfaisant de Bonaparte ne tarda pas à changer la défense en agression. La Sainte Alliance, en revanche^ fut véritablement un essai d'organisation pacifique ; mais les révolutions démocratiques de i83oet i848 disloquèrent ces coalitions de défense monarchique.

Dans les 3o dernières années, l'accord s'est établi par trois fois, entre puissances civilisées, pour jouer h Iravers le monde un vcrilablc rote de police internationale ; nous voulons parler du traité de Berlin, de l'émancipation de la Crète et de la répression de la ré- ■\ol te des Boxers. Mais il faut arriver jusqu'à 1898,

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jusqu'à la Conférence de la Haye, pour trouver une tentative à peu près universelle d'organisation pacifique. Pour la première fois des diplomates, délégués ofûcielleuieut par la quasi-totalité des Etats civilisés, se sont réunis, non pour dépecer des territoires, mais pour faire œuvre de législation. Ils ont non seulement complété la convention de (ïenève, mais institué, dans le plus minutieux détail, une « cour d'arbitrage facultatif ». Sans doute, il a été facile de tourner ce tribunal en dérision. Tant qu'il est resté inactif, il n"a pas manqué de prophètes de mauvais augure pour prédire que la Cour de la Haye n'existerait jamais que sur le papier; et, de fait, les puissances signataires n'ont manifesté, à l'origine, qu'une déférence très réservév) à l'égard de la juridiction qu'elles avaient créée, à demi-contraintes par l'attente de lojnnion publique. Il eût été plus équitable, cependant, pour évaluer le chemin parcouru, de comparer l'accueil fait par les puissances au rescrit du comte Mouravicw avec le succès malheureux de la proposition analogue formulée par Napoléon III en 18G9.

Ne sait-on pas, d'ailleurs, que la pratique de l'arbitrage se glisse de plus en plus dans les relations internationales, aussi bien que dans les conflits entre le capital et le travail .** On compte au xix" siècle plus de

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170 arbitrages, dont les deux tiers appartiennent aux trente dernières années du siècle. Aucune des décisions arbitrales n'a été contestée par les parties. Quel droit aurait-on de désespérer que l'inslitulion peruiancnle d'un tribunal facultatif d'arbitres pût rendre à l'avenir plus fréquente et plus facile luic procédure que les Etats civilisés s'habituaient déjà à proNoquer d'euxmêmes ? Aussi bien les événements u'ont-ils pas lardé à réaliser les prévisions des esprits réfléchis qui, sans attendre de la Cour de la Haye la sokilion des condits graves qui pourraient surgir dans un avenir prochain, estimaient qu'elle ne tarderait pas à intervenir dans le règlement des dilTérends juridiques de moindre iniporlance. C'est ainsi que le Iril^unal de La llave a été appelé à juger une contestation financière pendante entre les Etats-Unis et le Mexique et le règlement litigieux des créances du Venezuela, Plus récemment, les conventions conclues le i/i octobre, entre la France et la Grande-Bretagne et, le 25 décembre, entre la France et l'Italie ont décidé en principe, pour une période de cinq ans, le renvoi devant la Cour de La lla\e des conflits juridiques qui n'engageraient ni Ihonneur, ni les intérêts vitaux des parties contractantes. 11 convient enfin d'ajouter que de pures difficultés de formes ont empêché, au dernier moment, la conclusion de traités

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permanents d'arbitrage entre les Etats-Uni» et TAnglc terre et entre l'Italie et la République-Argentine, que ce dernier Etat a conclu en ign?, vmc conventlûrl" de désarmement partiel simultané avec le Chili, enfin que la plupart des Républiques de l'Amérique du Sud sont liées entre elles par une convention arbitrale per-î manenle.

Onpourrait multiplier les faits à l'infini, s'ilncs'agÎ! sait ici moins de déiuuntrer une thèse que de préciser une méthode. Il suffit que le résumé qui précède mette en un relief suffisant la fécondité incontestable de la méthode expérimentale mise à profit par l'évolutionnisme social. La courbe tracée par l'histoire ne peut-elle, en effet, se prolonger idéalement dans l'avenir, et l'élude du passé ne nous contraint-elle pas i affirmer que, si la paiv n'est pas, elle se fait, qu'elle s'organise d'elle même, que l'humanité se dégage de l'anarchie pour se constituer en société juridique ?

Tels sont les enseignements qu'il semble légilim* de tirer des faits, et je ne songe point à en contester la force démonstrative. J'estime, notamment, que la propagande pacifique ne saurait abuser des leçons si

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