IV. — Le^ preuves éthiques. — Appréciation de
toutes les preuves.
Il y a deux preuves qu'on appelle éthiques et dont l'une est essentiellement historique , mais qu'en France nous appelons morale, et dont l'autre est réellement éthique, mais qu'en Allemagne on appelle métaphysique.
La première, c'est ce fait, que toujours et partout, l'espèce humaine, sous une forme ou une autre, a cru qu'un être spirituel, puissant et sage, a produit les mondes et en gouverne les existences.
Tirée d'une donnée aussi essentielle et aussi générale, cette considération est assurément d'une grande
autorité; mais ce n'est pas un argument philosophique, et la critique a le droit, le devoir même, d'examiner sur quoi est fondée cette conviction générale qu*on invoque. Est-ce une simple erreur, une vaine illusion ? Ou bien est-ce une idée innée dans notre espèce et émanée de l'être ]:>arfait, un sentiment primordial faisant partie de la vie de l'âme, une illumination naturelle et immédiate de l'esprit humain par l'esprit divin, ou bien enfin une création de la raison, une présomption, une divination de la foi?
Chacune de ces questions est également grave, et toutes ensemble elles constituent le problème le plus difficile à résoudre ; car en dernière analyse, on ne saurait le nier, l'idée de Dieu a une de ces origines qui demeurent voilées à la raison. La valeur de l'argument fondé sur l'autorité, si universelle qu'elle soit, souffre donc naturellement du mystère qui plane sur la naissance de cette idée. Toutefois, personne ne résiste à tout le monde, et Cicéron est l'interprète parfait de la preuve historique dans ces termes si incisifs : (X Nulla gens tam immansueta, tam fera, quœ non Deum habendum esse sciât. » (De leg. I, 8.) Sans doute, il n'est pas d'une sévère philosophie d'adopter un dogme sur l'autorité de qui que ce soit, mais il faut reconnaître que celle du genre humain tout entier est d'un poids immense.
On objecte qu'à certaines époques de l'humanité, des erreurs graves ont ^\é plus ou moins générale-
ment professées en son sein. Mais ce qui distingue toutes ces erreurs de la vérité en question, c'est qu'avec le temps elles se sont toutes affaiblies et enfin évanouies, tandis que la vérité qui nous occupe s*est dessinée toujours plus nette et plus forte depuis qu'elle a été donnée à la conscience humaine ou conquise par elle. De siècle en siècle, la théorie de l'existence de Dieu devient plus riche et plus belle, et chaque progrès de la civilisation y amène une idée nouvelle ou une forme plus digne. Et certes, si le fait de son empire universel n'est pas un argument philosophique, c'est du moins une considération morale de la plus grande importance.
Sous sa deuxième forme, la preuve vraiment éthique, donnée pour la seule bonne, par le chef de l'école critique, Kant, est tirée d'une notion de la raison, celle du bien suprême, à laquelle correspond un tait de conscience qui en est inséparable, l'amour de ce bien.
La notion de la raison sur le bien suprême demande un auteur qui soit le principe de la justice et le législateur des êtres libres. L'amour du bien demande un appréciateur ou un juge absolu qui soit le rémunérateur du bien et le vengeur du mal. Ce principe, auteur de la justice, et ce juge, rémunérateur du bien et vengeur du mal, ne peut pas ne pas exister; car s'il n'existait pas, ce qui est dans notre raison pratique n'y serait pas; or, cela y est ; donc il existe, et cela si
bien, que nous sommes forcés de croire en lui dès que nous croyons en nous.
Rant, qui a donné à cette argumentation sa forme la plus précise, n'en est pas le créateur, mais il croyait Têtre, et il y attachait un tel prix qu'après avoir montréd'abord, qu'aucune des démonstrations antérieures n'était décisive, il se plut à parer celle-là de toute la richesse de son génie abondant et subtil. Il la qualifia d'unique preuve possible (Der einzig moeglicbe Beweis vom Daseyn Gottes). Mais le fait est que le genre humain serait fort à plaindre si cela était vrai, car cette preuve est loin de jouir encore de la faveur qu'elle obtint un moment, et il est évident que Kant, loin de l'avoir inventée, l'a trouvée dans Platon, dont l'éUiique est fondée sur l'idée du bien suprême. Platon Ta même développée avec amour et de manière à y comprendre un peu par avance les idées de Descartes, de saint Anselme et de Kant. En effet, voici son argumentation substantiellement formulée : a Nous éprouvons un besoin d'aimer le beau et notre sentiment veut , pour se satisfaire , un beau infini , parifait ; du moins rien d'imparfait, de fini ne peut le satisfaire. D'où nous vient ce sentiment, si ce n'est de celui qui est lui-même le bien et le beau dans son essence, la source de toute admiration et de tout amour? Aussi l'amour et un autre mobile, la raison dans ses fonctions les plus hautes, la dialectique, sont les deux ailes sur lesquelles l'âme s'élève
à la ooDtemplatîoD de Tabsolu, du beau, du pbrfait.» Non-seulement cet argument est la base de toute la morale de Platon, mais il est aussi celle de la morale de saint Augustin et de la théologie mystique de plusieurs docteursdu moyen-ége,surtout de saint Anselme, sans parler de quelques philosophes modernes.
Kant s'est donc trompé lui-même le premier en dé* veloppant avec tant de chaleur et en s'exagérant avec tant d'illusion la valeur d'un ordre d'idées aussi ancien et qui ne vaut ni plus ni moins que plusieurs autres. Peut-être même il aura un sort moins heureux ; car il a le défaut de reposer sur une distinction qui est essentiellement scolastique; celle de la raison théorique et de la raison pratique. £n effet, c'est à la raison pratique, ce n'est pas à la raison théorique qu'appartient, selon Kant, la notion du bien ainsi que l'amour du bien. Mais toute cette distinction est purement scolastique : nous n'avons qu'une seule et même raison. Et inadmissible est cette prétention de Kant, que Dieu considéré comme Être des êtres, comme la cause et la providence du monde, est une pure hypothèse dont la démonstration est impossible, tandis que nous sommes obligés de croire en Dieu considéré comme principe de toute justice, comme législateur des êtres libres, comme rémunérateur du bien et vengeur du mal.
En général, il ne faut se faire illusion sur la valeur pratique d'aucun des arguments pour l'existence de
Dieu. Leur importance réelle et le rôle qu'ils jouent sont en raison inverse de leur élévation, de leur subtilité ou de' leur profondeur. Les moins puissants auprès de la majorité desesprits^oe sont précisément les plus métaphysiques. Et des philosophes très-religieux ont reconnu eux-mêmes, sinon la faiblesse, du moins l'impuissance obligatoire des raisonnements qui avaient paru les plus irrésistibles à d'autres pbiloso^ phes religieux. Ainsi la subtilité de saint Anselme a été loyalement et ingénieusement proclamée par Fénelon, dont la critique est d'ailleurs si bienveillante qu'elle équivaut à un éloge. « Que' les hommes accoutumés à méditer les vérités abstraites et à remonter aux premiers principes, connaissent la Divinité par son idée, dit-il, c'est un chemin sûr pour arriver à la source de toute vérité. Mais plus ce chemin est droit et court, plus il est rude et inaccessible au commun des hommes, qui dépendent de leur imagination. C'est une démonstration si simple qu'elle échappe par sa simplicité aux esprits incapables des opérations purement intellectuelles. Plus cette voie de trouver le premier Être est parfaite, moins il y a d'esprits capables de la suivre. »
Les autres preuves, sans être aussi subtiles, partagent à des degrés divers le sort final de celle de saint Anselme. Malgré le tribut d'éloges que chacune d'elles peut recevoir danssa nouveauté,non-seulementaucune ne force l'intelligence au moment de son apparition,
mais peu à peu toutes vieillissent comîQe autant de formes destinées à se remplacer les unes les autres dans le ministère qiVelIes exercent auprès du genre humain. La valeur de chacune d'elles dépend de la situation des peuples, de leurs lumières, de leurs sentiments. De même que Tart n'existe que pour les âmes esthétiques, et que la musique, par exemple, ne vaut que pour ceux qui ont de l'oreille, les vérités religieuses n'ont de valeur que pour les esprits qui sont en état de les comprendre et en disposition de les aimer, en un mot qui ont (le l'intelligence et de la foi. De là vient que c'Qst tantôt telle, tantôt telle autre qui fait fortune. Toutefois, les diverses preuves se tiennent et s'appuient si bien que leur puissance réunie a toujours prévalu d'une manière éclatante sur toutes les objections, soit populaires et simples, soit scolastiques et sceptiques. Ces preuves sont des considérations philosophiques très-élevées , des méditations religieuses de la plus haute importance, et le fait est que, même quand elles ne sont pas présentées sous la forme de syllogisme, la raison n'y résiste pas. C'est à cause de leur valeur essentiellement religieuse, que c'est le plus religieux des philosophes qui les a pré-* sentées avec le plus d'éloquence et de persuasion, j'entends Fénelon.
En général, il en est de ces preuves comme de celles de l'immortalité de l'ftme : chacune, prise isolément, peut se réfuter ; réunies toutes ensemble, non-seule-
ment elles se renforcent, mais elles complètent l'idée de Dieu et la rendent aussi puissante de vérité que de clarté. Pour les êtres moraux, elles portent le caractère d'une autorité à ce point irrésistible que l'existence de Dieu est pour eux réellement démontrée.
L'existence deDieu est d'ailleurs donnée immédiate^ mente Tâme, et quand elle serait indémontrable pour Tintelligence, elle serait un objet de foi pour le sentiment. Peut-être elle est si peu démontrable précisément par la raison qu'il est inutile de la démontrer, vu qu'il est si aisé, si simple et si naturel de la saisir, rintelligencesuprêmeétantausslla suprême intelligibilité. tfSiquelqu'un me demande, dit Fénelon, comment est-ce que Dieu se rend présent à l'âme, quelle espèce, quelle lumière, quelle image nous le découvrent, je réponds qu'il n'a besoin ni d'espèce, ni d'image, ni de lumière. La souveraine vérité est souverainement intelligible; l'être par lui-même est par lui-même intelligible. L'Être infini est présent à tout. » (p. 234, 315.)
De ce que ces preuves ne forcent pas l'intelligence, on a voulu inférer qu'elles ont une valeur purement subjective, et que ce caractère leur vient précisément de ce qu'elles manquent d'objectivité en elles-mêmes.
Mais, au contraire, si l'idée de Dieu éclate en nous, c'est parce qu'elle vit en nous, qu'elle constitue le fonds même, la substance de notre raison ; et si l'existence de Dieu ne peut pas, comme une vérité de second ordre, se déduire d'une autre, c'est que toute
Térité dédahe, toale ôonclasioD a moins d*ëtMidae et participe de ia vérité absolue à un moindre degré que les prémisses, la source d*où on la dérive*
La foi en Dieu n'étant ainsi le fait ni de l'observation , ni de Tinduction, ni de la déduction ; cette croyance avant pourobjet une vérité première et formant une idée fondamentale de la raison, toutes les preuves peuvent se résumer en une seule, celle qui se trouve déjà dans Platon,c'est-à-dire,rexistenceetla nature de laraisonellemême. Si toutes nos idées et la faculté des idées ellesmêmes, T intelligence, ne sont qu'une participation des idées éternelles, l'existence de Dieu, le siège de ces idées, est prouvée par la seule existence des nôtres, par celle de notre raison.
C'est parce que l'existence de Dieu est donnée dans le plus incontestable de tous les faits, l'existence de notre raison elle-même, qu'elle a rayonné partout, dans toutes les âmes, dans tous les sanctuaires, dans toutes les écoles. Comme donnée immédiatement dans la conscience humaine, l'idée de Dieu a été surtout proclamée par les penseurs d'un grand développe* ment religieux : Socrate et Platon dans l'antiquité, Pascal et Fénelon aux beaux jours de notre philosophie moderne.
De nos jours, deux philosophes allemands, Jacobi et Baader ont insisté non-seulement sur le caractère immédiat de la foi en Dieu, mais encore sur la faculté de saisir par l'intuition celui qui est à la
9i THÉOLOGIE.
fois le principe et le principal objet de cette faculté, théorie séduisante qui n'est pas neuve sans doute, mais qui est à peine indiquée ailleurs et qui est à ce point entraînante qu'elle se trouve reflétée jusque dans les pages des métaphysiciens critiques, adversaires naturels des penseurs croyants.
On a produit naguère parmi nous une preuve qui a sur toutes les autres le mérite d'une grande simplicité. Les vérités universelles et nécessaires, vérités qui ne sont pas des lois générales que notre esprit tire par voie d'abstraction des choses particulières (qui sont essentiellement relatives et contingentes, et ne peuvent renfermer ni l'universel, ni le nécessaire), ne subsistent point en elles-mêmes. Elles ne seraient ainsi que de pures abstractions, suspendues dans le vide et sans rapport à rien. La vérité, la beauté, le bien sont des attributs. Il n'y a pas d'attributs sans sujet, et les trois attributs qu'on vient de nommer étant des absolus, leur substance ne peut être que l'Être absolu. »Cela est d'une simplicité admirable ; mais on a montré d'une manière qui ne souffre pas de réplique, non pas que les vérités universelles sortent de l'expérience et de l'analyse, cette démonstration n'est pas fournie, mais bien que le mot vérité est pris dans cette argumentation en deux acceptions différentes, d'abord dans celui de rapport nécessaire et ensuite dans celui de connaissance de ce rapport ; que dans le premier il n'implique nullement l'idée d'un sujet connaissant, et que s'il impli-
que cette idée dans le second, la conclusion n'en est pas moins vicieuse, puisque les deux prémisses ne sont liées que par une équivoque. Il faut donc reconnaître, non pas comme on Ta dit, que toute cette théorie repose sur. des fautes de langue, mais bien qu'elle se fonde sur une véritable confusion d'idées, ce qui est une faute de logique.
Les différentes preuves de l'existence de Dieu, dit un théologien philosophe, ne marquent guère que les différents degrés par lesquels l'esprit s'est élevé à la connaissance de Dieu en dehors de la révélation, et les arguments ne font que résumer d'une manière logique les voies plus ou moins lentes que Ton a suivies. Il en est deux principalement qui mènent l'homme à Dieu et à la science de son être : l'étude du monde et l'étude de soi. L'étude du monde se réfléchit dans la démonstration cosmologique et la démonstration théologique ; l'étude de soi se reproduit dans la preuve ontologique et la preuve éthique. Mais aucune de ces voies ne mène à la véritable connaissance de l'Être divin, tant que lui manquent les témoignages de la révélation que le christianisme réveille en nous et autour de nous. (Martensen, Dogmatique chrétienne, 3* édit. p. 94.) Et ce n'est pas là une simple asser^ tion de théologien. C'est un fait, que la religion chrétienne a versé dans le sein de l'humanité et dans la science théologique une sorte d'intuition de Dieu et une intimité avec Dieu telles que Jésus-Christ a pu dire
en toute vérité : « Nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils la révélé. » La science chrétienne est d'autant plus directe, plus positive, plus en possession de TÊtre divin, qu'elle ne le cherche pas, ne le prouve et ne le dénaontre pas, qu'elle Ta, qu'il a toujours été dans la conscience du peuple de Dieu. (Ev. de saint Jean I. 1 . — Épître aux Hébreux I, 1 .) Il est de ses textes qui semblent rappeler, les uns la preuve physieo-théologique (Actes 14, 17. Rom. I, 20); les autres la preuve ontologique (Rom. I, 19, 32. Actes 17, 24) ; d'autres encore la preuve éthique (Rom. II, 14). Mais si cela est, c'est sans dessein aucun. Pour le christianisme, la preuve de l'existence de Dieu est une démonstration inhérente à l'esprit de l'homme et à sa puissance naturelle (ànô^ei^iç ffvgufMtToç xoi (^wa/Aewc). V. Hahu , die Théologie des Neuen Testamentes, Dasein Gottes, 1. 1, p. 7S.
Pour concilier au théisme les suffrages des grands de la terre^ on a démontré quelquefois l'avantage ou la nécessité du dogme de l'existence de Dieu pour assurer l'éducation et le gouvernement des peuples. Inspirées par les sentiments les plus honnêtes, ces considérations pédagogiques et politiques n'ont toutefois de valeur réelle qu'autant qu'elles sont appuyées sur la nature essentiellement éthique de l'homme ; et alors elles ont sur certains esprits autant de puissance que les autres. II est d'ailleurs tout simple que la majesté divine, que le maître de tout et de tous reçoive
des hommages de toute nature, et qoe chacun se plaise à le montrer où il le trouve.
Il faut le dire, en fm de compte : sur toutes les preuves de Teiistence de Dieu, si fortes ou si claires qu'elles soient, pèse une sorte d'obscurité tant qu'elles ne sont pas suivies et éclairées d'une saine théorie de la nature et des attributs de l'Être des êtres. C'est que» si elles répandent sur lui quelques lumières, si elles donnait l'idée de cause et l'idée d'être absolu, elles ne font connaître néanmoins qu'une sorte d'abstraction ; et si elles ne laissent pas de doutes dans les intelligences sur le fait qu'un Dieu existe, elles y laissent le vague sur cette question capitale : Quel est-il ? D'ailleurs cette circonstance, que la plupart d'entre elles sont acceptées par les systèmes les plus divers, montre combien sont vagues et vides des théories qu'à la seule exception des athées, tous les philosophes ' peuvent accepter : naturalistes, déterministes, panthéistes. Comment un Dieu aussi inconnu et si peu défini qu'il convient à des doctrines que je repousse,^ saurait-il convenir à la mienne ? Tous ces arguments si subtils et si élevés que nous venons d'étudier, ont en effet ce sort, qu'en passant de leur ensemble à l'étude de Dieu lui-même on s'aperçoit avec douleur qu'une bonne démonstration de l'existence d'un Être suprême est non-seulement une œuvre trèsabstraite, mais encore une œuvre très-défectueuse, trèsobscure, vu qu'elle ne fournit pasau sujet de Dieu ce qui
importe. Ce qui importe, c'est de le connattre, c'est de savoir ce qu'il est en lui-même, ce qu'il est pour la création, et surtout ce qu'il est pour nous.
Sous ce point de vue aussi l'Evangile est philosophe sans le vouloir.
L'Evangile, qui ne démontre pas l'existence de Dieu, la suppose connue par les œuvres, par les manifestations de Dieu, auxquelles la raison n'a pas dû résister. Selon l'Evangile, Dieu a été peu connu, mal connu, ou bien il est resté inconnu (Ev. de saint Jean I, 18;F.l EpttreauxCorinth.I,21),etcen'estpas à démontrer son existence qu'il faut s'attacher, c'est à faire bien connaître ce qu'il est.