I. — Les rapports mathématiques
On distingue les rapports qui unissent les diverses parties de l'univers, en rapports mathématiques» rapports physiques et rapports chimiques»
Les rapports mathématiques ne sont que des rapports de quantité, mais ils forment une science très* exacte et très-étendue. Cette science, outre les rapports que nous venons d'indiquer, en embrasse un grand nombre d'autres. Après avoir déterminé la grandeur, les distances et les révolutions des sphères qui composent le système solaire, elle calcule encore quelques-unes des distances, des révolutions et des grandeurs des autres systèmes, systèmes des étoiles tixes, systèmes de la voie lactée, systèmes des nébuleuses. En effet, si les dix ans que met une étoile du Cygne à nous transmettre sa lumière et les vingt-oinq qu'y met la nébuleuse la plus éloignée , nous donnent la mesure de l'espace qui nous sépare deces globes, on sait
que d'autres phénomènes nous permettent de mesurer aussi la grandeur de certaines sphères. Ainsi le diamètre apparent d'Arcturus nous fournit la donnée que son diamètre réel est onze fois plus grand que celui du soleil (Humboldt, Cosmos^ I, 1«^3). Là encore il y a précision mathématique, et Tesprit humain trouve dansée magnifique sujet d'étude la réunion des deux choses qui semblent le plus s'exclure : d'une part, ^exactitude la plus rigoureuse, et, de l'autre, l'impossibilité d'une conception nette, preuve bien frappante de ce fait, que la science la plus lucide a ses voiles et son mystère.
D'ailleurs, l'exactitude s'arrête aux rapports mathématiques, et dès qu'on pa^se aux rapports physiques on ne se trouve plus que sur le terrain des inductions plus ou moins légitimes, pour ne pas dire des conjectures plus ou moins incertaines. Il est vrai que là aussi il nous est encore donné des notions qui peuvent être proclamées comme des faits ; cependant il n'y a plus là ni la certitude des calculs, ni l'assurance de la foi.