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CHAPITRE IV

&et phénomènes et 1m forces*

I. — Définition, — Phérumènes^ appoHtions et faits. — Apparence et Réalité.

En cosmologie, on appelle phénomènes, non pas les simples apparences, mais les faits réels, les faits constatés dans le sein des apparences. Les phénomènes ne sont donc pas à confondre avec les illusions ni même avec les opinions ; ce sont des faits qui font leur apparition , et les apparitions révèlent par conséquent Texistence de réalités. Ces réalités peuvent être appréciées de façons très-diverses et donner lieu à des inductions erronées, à des théories fausses, à des rectifications défectueuses encore et à des théories meilleures, mais imparfaites aussi; et toutefois nos erreurs ne sauraient réduire les phénomènes de la nature à de vaines apparences.

Les apparences, loin d'offrir les réalités, en éloignent tous ceux qui s'y arrêtent ; mais elles peuvent y conduire ceux qui, au nom de la science, s'appliquent h chercher ce qu'il y a au-delà et au fond. Pour avoir

la preuve de cela on n'a qu'à prendre ce qui s'offre à première vue dans les mouvements du système planétaire ou ce qu'on admettait d'abord sur les apparences de ces mouvements, et l'on n'a qu'* y joindre ce qu'on disait de la forme des corps célestes d'après ces mêmes apparences.

£n effet, d'après les théories qui ont régné longtemps au nom de ces apparences, il y aurait absence de mouvement dans la {^upart des sphères , et mouvement contraire aux lois de la nature dans notre système solaire. Le soleil, qui est une masse énorme en oomparaisoii de la terre^ serait le satellite de celleci et roulerait son immense ampleur autour du modeste volume de la terre. D'après les apparences encore il y aurait peu de différences entre tes différents corps célestes ; ils auraient même forme, même lumière, même couleur, même demeure; cette demeure commune serait le firmament azuré ou la voûte des cieux, qui serait bien une voûte réelle. Or, certes ces apparences ne sont pas des phénomènes, et en réalité il n'y a rien de tout cela dans les faits réels qui se manifestent, puisqu'ils ont amené des théories toutes différentes. D'abord il n'y a pas de voûte ; puis il n'y a pas de demeure, de ciel. Ensuite, Tazur du ciel n'existe pas, si ce n'est dans nos yeux. Entln, les globes, au lieu de rester à point fixe, gravitent tous dans l'espace, chacun en son orbite. L'univers, loin d'être réduit S l'uniformité, étale réellement une éton-

oantë variété quant h la forme et à la lumière. Les sphères célestes, au lieu de se ressembler, ontehacum sa grandeur ou ses dimensions propres, et se trouvent toutes à d'autres distances que celles qui étaient admises sur les apparences. Sans doute les sphèresoiil certaines analogies. La configuration générale de ces corps est celle d'une sphère aplatie, à surface ondulée, motivée par leur mouvement rotatoire. Mais ce n'est que très en gros «t en général que cette forme leur est ooaunune , et dans le détail les accidents d'ondulations, d'abaissement et d'élévation différent à l'infiai : tels les hommes se ressemblent ansssi, et cependant au moral comme ao phj^que les nuances les varient à l'infini. Ici comme partout» la miasion de la sdenoe est de chercher les faits réels.

Q. --* FaiU internes et ecrtomes, poHiculiers et

génémux.

Les faits se distinguent eu faits d'intérieur et en faits de surface. Toutefois, ils sont les uns avec les autrès en connexion $i intime que ks uns sont la suite des autres, et tous sont à ce point engagés dans tous qu'ils ne peuvent se séparer qu'en théorie. Le'magnélisme et l'éleclricité terrestres, par exemple, qui se manifestent sur toute la sphère et dont on peut qualifier les phéBomèoes de Isits de surface, puisqu'ils se déploient au dehors et jusque dans l'at-

mosphère; — le magnétisme etrélectricité, disons-nous, soxki à la fois des faits qui se tiennent étroitement et des faits externes, effets de faits internes.

Et de même qu'il y a continuité ou connexion et affinité dans les phénomènes internes et dans les phénomènes externes de la terre, il y a connei^on et affinité entre ces faits et ceux des autres sphères.

On peut objecter, quant aux faits internes, que l'intérieur des globes est inabordable à Tinvestigation et qu'il ne saurait pas en être question au nom de la science. Mais si le sein de la terre est fermé à nos sens, il ne Test pas à nos inductions. Il est trèsvrai que celles-ci , quand elles tiennent à demeurer légitimes, ne vont pas trop loin» et elles ont raison, puisque le seul intérieur qui leur sert de base, celui de la terre, notre point de départ pour toutes, n'est connu qu'à une certaine profondeur ; mais elles peuvent aller hardiment à distance sans craindre d'aller trop loin. Il ne s'agit que de se donner toujours pour ce qu'elles sont, des inductions. Et en effet, il n'y a pas autre chose à asseoir sur les phénomènes observables de l'intérieur de notre globe. À la vérité, il nous ofDre les mêmes substances dans ses couches diverses, mais nous ignorons s'il en est encore ainsi en son centre. Tout ce que nous en savons, c'est que la dhaleur y va croissant. Nous en inférons que le cœur de la terre est à l'état de fusion, et cette opinion nous est chère, puisqu'elle explique quelques phénomènes.

Elle nous dit, par exemple, comment il se fait, quand il y a ébranlement dans Tenveloppe, celle-ci se fend et s'ouvre pour donner jour aux éruptions de la lave. Notre induction sur un feu central, sur un océan de lave ou du moins sur un intérieur en incadescence et en ébullition, est donc très-probable, et un puissant foyer au cœur de notre globe semble bien propre à rendre raison de quelques-uns des plus imposants phénomènes. Ce foyer serait la«cause toute simple du magnétisme qui anime la terre, de l'attraction qu'elle exerce, de la fécondité qui la distingue, du dégagement de chaleur et de lumière qui se fait par les vibrations de son mouvement combinées avec celles du mouvement solaire. Mais, si probable que soit cette induction, c'est tout au plus une hypothèse suffisamment motivée pour n'avoir plus l'air d'en être une. On fait cependant, sur ce fonds, d'autres inductions à l'égard des autres globes, et avec une certaine confiance encore, sachant bien ce qu'on fait. En effet, on sait que la masse des corps diffère beaucoup d'une sphère à l'autre, offrant tous les degrés possibles entre la solidité terrestre et la fluidité cométaire, et cette différence ne laisse pas que de jeter un peu d'embarras dans nos théories conjecturales;mais tant que ces théories, essentiellement conjecturales, sont présentées d'une manière raisonnable, loin d'arrêter les progrès de la science, elles les aident et on s'y laisse aller avec plaisir. Il est sage, sans doate, de

se défier de toutes nos conjectures sur leur état interne. Mais il serait aussi absurde de prétendre les interdire absolument au génie de l'homme que de vouloir lui défendre de peupler la surface des globes d'ètrés intellectuels et moraux offrant avec nous une véritable et essentielle analogie.

Pour ce qui est de la surface, certains globes présentent manifestement des analogies avec la surface de la terre, des ondulations et des accidents de terrain. La lune, par exemple, offre à nos télescopes des montagnes circulaires, des cratères, des crises volcaniques. On a cru y reconnaître aussi des neiges, des lacs, des eaux ou des mers ; on s'est cru sur le point de distinguer des ouvrages semblables à ceux de la main de rhomme. Mais il n'y a dans tout cela aucune certitude, aucun fait pour la science sérieuse.

L'état physique de Mars et de Vénus est aussi trèsanalogue à celui de la terre. On croit également distinguer sur Mars des masses de neige; et l'on se persuade que Vénus offre réellement des montagnes très-élevées. Il fout en convenir, la raison l'admet plus facilement qu'elle n'y concevrait l'absence de tout accident de terrain, de toute ondulation ou de toute élévation un f)eu consvMrable.

Quant au soleil, il s'y voit des taches et des bandes qui autorisent toutes sortes de conjectures sur son état physique. Mais dans l'état actuel de nos moyens et de nos instruments d'observation il n'y a pas d'in*

ductiofls positives à en tirer. Même en employant des télesccqaes qui grossiraient mille fois, nous ne verrions pas eneoce mieui sur le soleil que nous ne voyons sur la terre à la distance de einquante lieues géogr^^ pbiques.

Dans Tespace qui entoure le globe terrestre jusqu'à une certaine limite s'offrent trois phénomènes très-positifs et très-considérables : une atmosphère plus ou moins fluide et plus ou moins nébuleuse, un courant purement magnétique ou électrique, et une auréole Je lumière et de chaleur plus ou moins intense.

Ces trois phénomènes, qui se passent dans un quatrième dont nous parlerons tout-à-l'heure, paraissent communs à beaucoup de sphères, et deux au moins d'entre eux, si ce n'est tous les trois, les lient toutes entre elles.

L'atmosphère de la terre est une immense couche d'un fluide élastique ou d'un gaz appelé air atmosphérique, mélange d'oxygène, d'azote, d'acide carbonique, de vapeur d'eau et d'autres éléments moins connus. Cette couche est un vaste laboratoire où la nature exécute des combinaisons toujours nouvelles ; où il arrive sans cesse des corps terrestres, des produits volatilisés, qui font d'elle un composé de vapeurs minérales, de molécules végétales et animales.

Quel qu'il soit, ce mélange a un poids tellement eoosidérable qu'il en est insaisissable pour l'intelli-

gence.Il est de cinq quintillions de kilogrammes, et il faut seize chiffres pour lexprimer, ce qui dépasse de beaucoup la faculté d'une conception tant soit peu flette. Mais à la seule vue de ce chiffre on entrevoit les prodigieux effets que doit amener cette couche mise en mouvement. Or, elle est constamment agitée et ébranlée dans divers sens, et ne quitttant jamais le globe terrestre, elle Tenveloppe dans un enchaînement perpétuel de phénomènes qui tous se font sentir profondément, soit que nous les observions, soit qu'ils passent inaperçus.

On admet, avec toutes sortes de probabilités, que les autres sphères sont liées au moyen de couches d'air analogues à celle du globe terrestre. Si cela est, ces atmosphères, selon la loi constante de tout, doivent offrir, elles aussi, la variété dans l'unité. La lune doit avoir une atmosphère très-rare et par conséquent point de nuages, point de pluie. Celle de Mercure doit être très-épaisse. L'est-elle trop pour être habitable par des êtres organisés comme nous ? Ou bien est-elle modifiée par la matière de la planète de manière à regagner en respirabilité ce qu'elle perdrait en rareté ? Modifie-t-elle k lumière et la chaleur de manière à rendre le séjour de la planète possible à des êtres un peu faits comme nous? Une modification qui tempère la rareté de l'une et l'intensité de l'autre nous paraît nécessaire quand noussongeonsà nous, à l'organisation de notre œil et h la tempéra-

ture que supporte notre sang ; car Mercure voyant le soleil sept fois plus grand que nous, un être dans nos conditions en serait ébloui et brûlé.

L'atmosphère de Mars teint la lumière d'une coièleur rougeâtre. Jupiter paraît avoir une atmosphère changeante ; on y voit de larges bandes ou des zones très-sensibles, ici des taches, là des jours. Il est difficile d'apprécier l'enveloppe aérienne des planètes plus éloignées ou plus petites. Mais toutes, même Pallas et Cérès, offrent, d'après l'ensemble des observations faites, au moins des apparences d'atmosphères.

Le soleil, corps obscur en lui-même, a- deux atmosphères. Tune immédiate, plus épaisse et sans lumière ; l'autre plus légère et lumineuse, et qu'on appelle la photosphère. A sa surface, il y a peut-être plus de chaleur qu'à celle de la terre. Mais cela ne peut s'affirmer qu'à titre de conjecture. Seulement on peut dire que l'atmosphère protégerait ses habitants contre la photosphère, s'il y en a, et s'ils sont organisés comme nous : deux suppositions dont la séparation est de rigueur, puisque la première est ce qu'il y a de plus probable, et la seconde, ce qu'il y a de plus improbable.

Le second des trois phénomènes observés dans l'espace qui entoure la terre,le magnétisme ou le courant magnétique est un fait simple, mais très-important ; il semble même pénétrer notre globe tout en- •

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tier, en émaner et en rayonner en tous sens, car la terre est à considérer comme un grand aimant.

On sait l'action que ce phénomène exerce sur Taiguille aimantée. Mais cette action tient-eUe à des courants électriques qui viennent du cœur même de la terre? Ou bien Télectricité que les vapeurs de Teau jettent dans l'atmosphère se borne-t-elle principalement à celle-ci, et le cœur de la terre est-il Taimant ou le foyer de la puissance magnétique par excellence? Les mines d'aimant ou de fer qui se trouvent à sa surface attestent-elles que Taimant est une condition, une qualité inhérente à la nature de la terre prise soit en son sein, soit en son écorce ?

Voilà des problèmes qui ne sont pas encore résolus et qui ne le seront peut-être jamais. « Il n'est plus permis, dit Euler» d'expliquer le magnétisme terrestre par l'existence des gîtes de fer magnétique. Selon toute apparence, des courants électriques en* gendres par les inégalités de température des couches superficielles du globe, sont la cause de tous les phénomènes du magnétisme terrestre et de l'aimanta* tion permanente de certains minerais que la terre renferme dans son sein. » (Lettres, t. u, page 267.) Mais le grand physicien ne donne cette hypothèse que pour ce qu'elle est.

Le magnétisme terrestre s'étend sur* toute la sur* face du globe et passe dans l'atmosphère. Or celle-ci, s'élève au moins à une hauteur de 70,000 mètres ou

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seize lieues. Le phénomène magnétique est ainsi engagé dans le phénomène atmosphérique, et il attire à la terre avec une telle puissance qu'un corps qui fait quinze pieds de chute dans une seconde, en fait, d'après la loi découverte depuis Galilée, 3X15 dans la deuxième, SXIS dans la troisième^ et ainsi de suite.

A mesure qu'on s'éloigne de la terre, le fait s'affaiblit en raison du carré des distances. S'il n'en était pas ainsi, la terre exercerait une telle puissance qu'elle attirerait sur elle la lune au point de la coller à sa surface, ce que Newton a déjà fait remarquer avec toute l'autorité de sa science et de son génie. (V. Principia philosophim naturalis,)

Combiné avec le magnétisme des autres corps célestes, avec celui de notre soleil et avec celui des autres systèmes solaires, le magnétisme terrestre explique un grand fait, la gravitation, qui explique à son tour tout le mouvement de l'univers, ou toute la mécanique céleste, pour parler un langage un peu figuré.

Le troisième phénomène observable dans l'espace qui entoure la terre, c^est la lumière qui la met en rapport avec les autres globes célestes, et qui lie en un seul tout les diverses, les inumérables parties de l'univers. ^

Qu'elle est autre chose que l'atmosphère, que le magnétisme, que l'électricité, on n'en doute pas ; qu'elle en diffère non-seulement au fond, mais encore

eomme phénomène, qu'elle en diffère aussi comme force, cela paraît bien établi. On pourrait la confondre avec Télectricité, mais Télectricité brille et agite, la lumière éclaire et échauffe sans commotion . Il n*y a donc pas identité entre les deux faits.

Y a-t-il universalité dans le dernier des deux ? Sans nul doute. Ce phénomène s'observe mieux dans l'espace qui nous enveloppe le plus directement, mais il n'y est pas concentré. Loin delà, il est commun à toutes les sphères et appartient à tout Tunivers, sans être particulier à aucune de ses fractions, sans permettre à aucune d'elles de se dire ni son berceau, ni sa tombe, ni sa patrie.

D'où vient la lumière ?

On a pu dire successivement : du soleil, des étoiles, de la lune, de la terre. On a pu dire tout cela, tant qu'on n'a eu en vue que notre système solaire; mais on doit renoncer désormais à toutes ces théories exclusives et reconnaître que la lumière n'est le privilège d'aucun des globes indiqués, qui en euxmêmes sont des corps obscurs; qu'elle n'est celui d'aucun autre ; qu'elle est le. bien commun de tous.

Est-elle l'effet des ondulations qu'engendre la gravitation dans l'éther? Sort-elle de ces vibrations comme sort le son des vibrations de'l'air^

En l'état actuel cela peut être l'opinion la plus acceptable, mais on ne doit pas la proclamer le mot suprême de la nature interprétée.

Ce qui est certain, c'est que la lumière unit tous les globes en les pénétrant tous comme le phénomène de Tattraction; qu'elle agit d'une manière analogue; que ses communications sont d'une rapidité si prodigieuse qu'on ne les sent pas; que cette rapidité ne le cède qu'à celle de l'électricité, qui est la lumière dans la lumière, et dont la circulation est plus rapide encore que celle de la lumière simple.

La lumière offre des nuances comme tout en offre, nuances de couleur, nuances de chaleur. Car elle se colore et elle s'échauffe. Ses couleurs varient du bleu au rouge, au blanc, au verdâtre, selon l'atmosphère de chaque globe, médium qui la modifie ou la colore au point qu'il est impossible de dire quelle est sa couleur pure ou primordiale. Ainsi, selon les atmosphères, elle est blanche dans Mercure, rougeâtre dans Mars, jaunâtre dans Jupiter, blanchâtre dans Saturne. Elle n'est plusqu'unepâle lueur dansUranus, les vibrations produites par le soleil étant plus faibles à mesure que les distances sont plus grandes.

Les nuances de la chaleur tiennent sans doute à

celles de la couleur. Les vibrations s'affaiblissent en

raison des distances. On conçoit que Jupiter, qui ne

reçoit plus du soleil que \ de la lumière qu'en reçoit

la terre, offre une autre couleur et un autre degré de

chaleur, et que Saturne, qui n'obtient plus que f?

présente d'autres nuances encore, soit de couleur,

soit de chaleur. Mais quelle est la compensation

apportée à raffaiblissement né de la distaiice par Taccélération des mouvements propres, des rotations de chaque planète autour de son axe, favorisées par leur éloignement du soleil central? Les vibrations du mouvement propre étant d'autant plus rapides que les sphères sont plus éloignées de ce soleil, il en résulte nécessairement une compensation très-sensible. Mais quelle est-elle au juste? Nul physicien n'oserait entreprendre de la déterminer, pas plus que le degré d'influence que Fintervention de Télectricité des corps célestes peut exercer sur les mêmes nuances, smt de couleur, soit de chaleur.

Les trois grands phénomènes observables dans l'entourage de la terre sont communs à l'univers tout entier, par cela aussi qu'ils; se passent dans un quatrième qu'on appelle l'éther.

L'éther est un fluide aérien qui échappe encore à toute analyse, mais dont l'existence n*est pas douteuse. Il pénètre la nature tout entière et remplit l'immensité de l'espace. On a pensé qu'il pourrait bien être cet inconnu qu'on appelle la matière primitive. Cela est possible; mais pour la science ce n'esl encore qu'une hypothèse. Ce qui est certain, c'est que l'éther est le lien commun de toutes les sphères du monde, et puisque les trois phénomènes précé^ dents, le magnétisme, l'électricilé et la lumière oot lieu dans son sein, on voit une (ois de plus, dans ce grand fait, que les phénomènes de la nMure offrent

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toujours l'analogie dans la yariété ; que tout s'y tient, et que malgré le fluayus omnium rerum^ il règne une règle suprême, un ordre uniforme dans des diversités infinies. Grflce à la correspondance des effets et des causes et à Taffinité de toutes les parties ; grâce à Tunitéde la pensée créatrice et ordonnatrice, il y a non-seulement unité dans la variété, mais une expression figurée empruntée à Tart musical a pu être appliquée avec raison, par Pythagore, aux rapports des sphères.

A l'harmonie des rapports de tous les corps cèles* tes se joint celle des rapports de tous les êtres, de tous les objets, de toutes les existences qui se trouvent sur leur surface. Si nous prenons, ici encore, pour point de départ de nos inductions les faits qu'offre sur notre globe ce qu'on appelait autrefois les trois règnes de la nature, nous y trouvons ce que nous pouvons sans nulle hésitation appliquer à toutes les fractions de l'univers, une harmonie de couleurs et de formes dont les nuances riches et éclatantes, sans être jamais heurtées ni bigarrées, sont empreintes au contraire de toute la grâce des transitions motivées e de toute la majesté de l'ensemble, de toute la beauté des détails propres à révéler une main divine. C'est à cette brillante triade, beauté, harmonie et régularité, que l'antiquité grecque donnait le nom de xôçfun désignation sublime, dont la traduetion successive s'est affaiblie dans toutes les langues, quoique le

Stances minérales ont les mêmes éléments. Il résulte du travail de M. Efarenberg sur les infosoires, qu'un kilogramme de craie des montagnes du Harz se compose d'au moins quarante millions de ces animalcules. On parle de démarcations absolues , on dit le minéral privé de vie : cela n'est vrai qu'en ce sens, qu'il ne peut se reproduire comme les autres corps, et que, pour se reproduire, il faut qu'il se décompose. Mais en revanche, il est si plein de force qu'il y a action et réaction continuelles en son sein, et que la destruction d'un corps amène la formation d'un autre. Le minéral est même doué d'une puissance plus forte que la plante et l'animal, et si la vie n'était que de la puissance, le minéral aurait la vie : il a la puissance magnétique, la puissance électrique, la chaleur, la lumière, c'est-à-dire qu'il a les plus grandes forces et les plus merveilleux agents de la nature. Gardonsnous de toute exagération ; mais constatons bien que les êtres organiques n'ont des forces analogues qu'à un degré moindre. Le magnétisme minéral ou tellurtque est immense ; le magnétisme animal est si faible ou si difficile à constater, qu'il est encore contesté quelquefois ; le magnétisme végétal est à peine sensible. Sans doute, il y a dans le minéral infériorité quant à la vie ; mais la puissance créatrice est dans la nature entière ; l'absence totale de forces, ce qui serait la mort, n'existe dans aucun de ses êtres. On le sait, les phénomènes de décomposition, de corrup-

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tioD,€le désunion ou d'altération^auxquels nous appli* qiM)ns le mot de mort, ne sont que des transitions d'une forme h une autre. Ce sont même des transitions opérées au moyen de crises profondes , et toute crise atteste des forces proportionnées à son importance.

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