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Création et formation

Le mot eréaiion impliqtie trois idées fofidameniaks: celle d'une œuvre nouvdle, celle d'une craym iotel* lectueile et celle d'une CMivre personnelle.

Le mot formation n'implique' nécessaireinentaucune de ces trois idées, et peut s'applkfuer à un feit purement matériel, à une opération inintelligente, non voulue, ir* réfléchie. La farmatioi» peut n'être qu'un changement produit par des forces physiques. Et c'est ainsi qu'on reittemi quand on: parle de la naissance de certaines couches de minéraux dans le sein de la terre. Mais il est très-vrai que d^autres fois, le même ferme se prend aussi dans le sems, sinon d'une création vérilable, du moins dans celui d'une action qui en approche. £1 c'est ainsî qù» la spéottlali<m gteeque attribue à l'être suprême ou à des ^res supérieurs, non pas la création de l'univers ou son appel à l'existence, mais^ l'organisation du chaos, son chan^ment en un inonde réglé.

Aujourd'hui ce sont généralement deux théories extrêmes, portant sur deux principes opposés l'un à l'autre, qui prévalent dans ce débat entre la création et la formation . Pour les uns, tout est création dans le sens absolu; pour les autres rien n'est crtoion, et tout est formation dans le sens absolu. Mais si ces deux théories, extrêmes l'une et l'autre, s'excluent, les deux grands faits, la création et la formation, ne s'excluent pas. Il y a dans l'univers place pour la création et place pour une simple formation. L'une et l'autre ont, sinon leur domaine séparé, du moins leur sphère à distinguer, si engagées qu'elles soient l'une dans l'autre. Mais pour bien les distinguer, il faudrait être en état de se faire une idée nette de ce qui, dans les forces de l'univers, ou dans le jeu de ces forces, est l'œuvre directe de Dieu, et de ce qui est celle qu'il a réellement déposée dans la nature. Ni la création ni la formation ne peuvent être comprises à moins qu'on ne les distingue d'abord, et qu'ensuite on ne les mette en harmonie, en les rattachant au même principe, l'unité de la puissance suprême. La difficulté est grande ; mais, loin de s'affliger du problème, le spiritualisme, qui seul s'en occupe, vu qu'il n'existe pas pour le matérialisme, se félicite de tout ce qui en jaillit de lumière sur ses grandes théories. Carie domaine de la création embrasse nécessairement Torigine et le principe de la substance cosmique, la naissance de ses forces, leur mise en jeu et leur combinaison avec l'idée créatrice, en un mot les questions

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de la cause première» celle de rintelligence suprême et de la puissance absolue.

A côté de ce domaine sublime et au-dessous de lui, celui de la formation et des transformations embrasse tout cet immense enchaînement de phénomènes cosmiques qui ont lieu depuis la gazéité primitive de la matière jusqu'à la solidité actuelle. Il y a là pour le jeu des forces purement physiques une carrière in- ^ commensurable, puisqu'avectoutes les métamorphoses qui ont eu lieu depuis cet état primitif oii il n'y avait que des nébuleuses» elle comprend encore cet autre état qui un jour offrira une multitude de sphè* res bien supérieures à la foule déjà innombrable qui accusent dès maintenant leur existence.

Effectivement, tous ces développements se font en vertu des forces données à la nature, des forces pure* ment physiques. Les gaz contiennent en germe la puissance des fluides, les fluides celle des solides, les solides celle du retour à la fluidité,et la fluidité celle du retour à la gazéité. La part faite à la nature, au domaine de la formation, semble immense, prise en grand. Elle sém* ble plus frappante encore en détail. Les divers corps gazéiformes de la force universelle , Toxygène , Fhydrogène, le carbone et Tazote, contenant en germe toute la variété des formes du règne végétal et toute celle du règne animal, la morphologie organique et inorganique tout entière paraît être de ce domaine. Du

moins quand on s'en tient à la simple apparence des

choses, on s6 persuade aisément que cette variété si indéfinie de produits s'explique par les propriétés de la matière ; que toutes ces existences appartiennent à la nature elle-mâme , et que tout le jeu de ses forces a lieu sans qu'il soit besoin de Fintervention d'une cause plus haute , d'une intelligence divine. On est porté à croire qu'à l'univers lui-même et aux corps physiques il est donné des vertus qui opèrent en leur nom et qui leur appartiennent. Et tout cela nous semble d'autant plus incontestable que nous disposons de œs forces» nous aussi, en observant certaines lois qui leur sont prescrites. Quand nous nous en emparons selon leurs lois, ces forces nous paraissent à ce point indépendantes de leur auteur que nous en usons pour nos besoins et nos intérêts, nos caprices même, comme il nous plaît, par voie d'agrégation ou de séparation, par voie de génération ou de transformation. Car elles nous produisent tout cet immense, magnifique et merveilleux ensemble de choses que nous avons à demander aux libéralités secourables et mater^çelles de la nature. De même que dans le monde moral il y a des facultés qui appartiennent soit à l'ensemble, soit en propre à chacun des êtres qui le composent, et que ces êtres les gouvernent avec une liberté et une indépendance entière, responsables chacun de ses œuvres, nous sommes tentés de croire que, dans lé monde matériel aussi et dans les exis* tences qui le composent, il y a des forces libres ou

iiidëpeiidaiitès qui y fonctionnent pour leur compte oo pour leurs desseins.

Il n'en est rien toutefois, et l'induction tirée du monde moral est peu solide. Car si les forces y sont libres et responsables, elles n'y sont pas indépendantes, pas absolues ; elles sont au contraire, et sans exception aucune, assujetties à des lois absolues, uni* verselles et éternelles. Et de même qu'elles obéissent toutes à des lois et servent une puissance supérieure dont elles réalisent les desseins, les forces physiques obéissent à des lois et servent une puissance supé* rieure qui est pour elles la vie et l'intelligence.

II. — Les forces cosmiques dans leurs rapports avec l-a puissance créatrice ^ principe de vie et dHntelligence.

Ces forces ne sont nullement ce qu'elles paraissent être à première vue , des puissances mécaniques, livrées indépendantes à une sorte d'aveugle fatalité. On aime à les considérer comme telles dans le domaine de la formation ; niais comme ce domaine feit, en dernière analyse, un seul et même tout avec celui de la création, toutes ses forces, loin d'être indépendantes, tiennent au Créateur suprême. Si donc elles sont immenses, indéfinies , permanentes et inépuisables ; si elles ont de commun avec l'absolu et le suprême ce triple caractère essentiel, d'agir comme des puis-

sances indépendantes, intelligentes et vivantes, c'est précisément parcequ'elles fonctionnent comme agents d'une vie, d'une intelligence' et d'une puissance universelle.

Toutefois, si bien associées qu'elles soient à la vie, si haute que soit leur origine, si infinie leur action, si propres dans leurs manifestations à faire croire qu'elles peuvent entretenir la vie et même la donner, elles ne sont pas une chose animée et vivante par elles-mêmes. Qu'on les prenne dans leur forme sensible la plus pure ou dans leur substance primitive, l'éther, et qu'on les suive de métamorphose en métamorphose, à l'état d'air, de gaz, de fluide, de solide, l'on n'y découvrira rien qui autorise à dire qu'elles sont des forces vitales, ou la vie, en vertu de leur nature. Elles ne sont pas non plus l'intelligence, sous quelque forme de leur développement qu'on les prenne. Et elles ne sont ni absolues, ni indépendantes. Il n'y a d'indépendant et d'absolu dans l'univers que ce qulest par soi, ou, comme oh dit en terme d'école, cause de soi, quelque ridicule que soit le mot. Si haut qu'on mette les forces de la nature, on né peut les dire par elles-mêmes, nées d'elles-mêmes. On ne peut donc les déclarer le pritLs, pour parler encore le langage de l'école. Car jamais on ne peut dire qu'il n'est rien au^essus d'elles, qu'elles ne sont émanées de rien, qu'elles sont le suprême, à moins qu'on ne nie une raismi, une pensée suprême.

Loin de lamelles restent forces matérielles, associées, selon la volonté de celui dont elles sont les agents, h la vie et è Tintelligence, mais si bien distinctes de Tune et de l'autre que, toujours à leur service, elle sont toujours impuissantes à donner la vie ou l'intelligence. Pour nous en convaincre, prenons-les sous leur forme la plus vivace, la plus subtile, la plus rapide, celle de l'électricité, où elles participent à toutes les réactions de la nature organique, à toutes les. fonctions vitales des plantes et des animaux, et nous y trouverons si peu la vie qu'au contraire elles seront sous cette forme aussi propres à donner la mort qu'autre chose. Gomme agent l'électricité peut entretenir la vie, elle ne peut jamais la donner.

On peut distinguer de la force physique ou chimix|ue une force vitale à part. Cette force vitale et la force chimique se rencontrent dans une foule de phénomènes, mais ne sont pas identiques. Nous voyons la force chimique de l'oxygène en complète activité dans les corps organisés où est la vie, cela est vrai. Une série de substances chimiques sont produites ainsi au sein des fonctions de la vie organique, et cependant la force chimique n'est pas la force vitale, car elle ne suffit pas h elle seule pour engendrer avec du minéral, le végétal; aveô du végétal, l'animal. Elle peut dans ses opérations produire des substances pareilles à celles que'produisent les fonctions de la vie organique, mais quant à la vie, elle a si peu la force de la créer

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qu'elle ne ^aurait jamais produire un obeveu. Cette force n'est donc ni la source de la vie, ni un principe o*éateur ; loin delà, elle n*est qu'un agent subordonné h ce point qu'elle ne peut pas même assurer le maintien de toutes les fonctions physiques à l'état normal.

Elle entretient la vie ; car le procès de l'alimentation,

de la digestion, de la conversion des aliments en substance de nutrition, est son travail. Et sans doute, grAce à des découvertes ultérieures, la science qui dispose de cette force pourra prévenir un jour bien des perturbations dans l'organisme et peut-être en combattre toutes les maladies, mais elle ne devra jamais se flatter de pouvoir retenir dans cet organisioe la vie destinée à s'en échapper.

Donc, elle n'est ni une source ni un principe de vie.

Maintenant, pour essayer d'autres thèses pour épuisQir en sa faveur toutes les prédilections possibles, supposez-la identique avec la substance primitive, et elle n'en seca pas devenue plus créatrice. Elle n'a pas produit cette substance ; elle n'est qu'inhér^ite à la. matière; elle n'en est pas la mère. Suppose^-Ia identique avec le mouvement primitif, et elle n'en sera pas devenue un principe supréme.Car ce n'est pas elle qui produit ce mouvement, puisqu'elle s'y confond. Supposez-la identifiée et confondue avec l'ordre de l'univers, et elle n'en sera pas devenue la législfttrice. Car elle n'est pas l'ordre ; elle concourt à la formation des corps qui forment l'ordre. L'ordre est la

réalisation d'une idée : or, elle n'est pas une idée; une idée est une intelligence.

La force chimique est donc unie et associée à là vie, mais distincte d'elle. En un mot, toutes les forces physiques sont formatrices ; elles ne sont pas créatrices. Dire qu'elles sont créatrices, ce serait les proclamer infinies, illimitées, produisant, changeant et transformant, composant et décomposant, sans fin comme sans commencement, sans qu'il y intervienne autre chose encore qu'elles-mêmes. Or, à la vérité, au premier aspect, il n'apparaît pas autre chose dans la nature que des forces matérielles ; et la force la plus subtile de toutes, celle de l'air, qui préside à tout, semble tout faire dans la nature : corps organiques et inoi^aniques, corps fluides et solides ; sans cesse cette force décompose ou dévore les uns et les reçoit en son immense laboratoire pour en recomposer les autres. Mais sans cesse y apparaissent deux grands principes qui n'appartiennent plus à un ordre de choses matériel : la vie et l'intelligence. Ces principes apparaissent même dans le jeu de la force physique, puisque cette force multiplie sans cesse les organismes qu'elle reproduit, que sans cesse ses compositions s'élèvent, de nuance en nuance-, à des formes et à des œuvres plus parfaites, que sans cesse aussi l'inorganisme en décadence sert à l'organisme en progrès. £t quand même on revendiquerait la vie a cette substance primitive, gaz ou éther , qui contient les éléments de tous les

corps organiques et inorganiques ; quand même on lui attribuerait les esprits vitaux de la plante, ceux de ranimai et ceux de Thomme, on ne saufait lui revendiquer encore les esprits intellectuels et le sens moral de ce dernier. Evideniment cette force ne dispose pas de rintelligence ; c'est au contraire Tintelligence qui dispose de cette force. Et remarque^ bien qu'il ne s'agit pas d'une intelligence planant au-dessus du monde, on ne sait où ni comment, mais qu'il s'agif d'une intelligence pénétrant le monde, je ne dis pas sous les formés diverses de la force, mais au moyen de ces formes. Qu'une idée soit intervenue pour la création des formes matérielles, cela est aisément admis. Ce qui l'est moins et doit l'être autant, c'est qu'elle pénètre et anime toute la nature, qu'elle en maintient l'harmonie, en assure le progrès, en favorise le développement et préside à tout de telle sorte, en une telle continuilé,qu'entre la création primordiale et ses évolutions incessantes, il n'y a pas changement d'œuvre. Je conviens que cela peut faire question , mais alors le problème est celui-ci : Y a-t-il solution dans l'action de la puissance suprême, c'est-à-dire séparation, rupture entre les forces dont le créateur est le principe et celles de la nature? Y* a-t41 un point où cesse l'œuvre intellectuelle et où commence l'œuvre matérielle , ou bien les deux sont-elles engagées partout dans l'univers, non pas au point de n'en faire qu'une, mais de concourir partout unies?

Posé ainsi, le problème, dafis le sens du spiritualisme, est facile. Pour lui, il n'y a pas de solution entre la force de la nature et celle de son auteur. Il y a distinction, mais union. Les deux forces et les deux œuvres ne sont, en dernière analyse, que deux formes de la même puissance suprême, seulement Tune des deux est Tagent, Tautre est Tidée; Tune est Dieu, l'autre la nature. Les principes ainsi distingués, on n'argumentera pas contre l'intervention de Tordre intellectuel dans Tordre matériel, sous prétexte qu'elle mène au panthéisme. Dans cet abrégé du monde qu'on appelle Thomme, il y a une intelligence aussi unie à la matière et animant la matière. Et si indépendant de Tâme que paraisse le corps et le jeu de ses'forces sous bien des rapports, Tâme y intervient néanmoins à chaque instant avec puissance, avec liberté. Cependant, il y a distinction entre elle et le corps, il n'y a pas confusion ; il y a relation intime et union vitale, mais différence. Et comme leur union est un mystère, de même Test aussi leur distinction. La vie organique animale peut subsister, non pas sans la vie intellectuelle, mais avec une intelligence toute bouleversée, Taliénation l'attesté; et quoique Tâme ait dans la règle le gouvernement de Torganisme, cependant l'appareil physiologique fonctionne encore quand l'esprit ne peut plus y intervenir à l'état normal. Pour certaines fonctions, il n'intervient

jamais. A leur tour, les phénomènes intellectuels et

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moraux, si engagés dans les phénomènes pbyâques, en sont pourtant essentiellement distincts. Aussi, loin de voir, dans cette c(N»mundttté .des forces uoe dootrioe qui, appliquée à la nature, y impliquerait une sorte de panthéisme ; loin d'eu tirer la coosé^ quence que Tesprit et le corps humain ue soient qu'un, quiconque pense fait, au contraire, une distinction essentielle entre Tâme et son organisme, et enseigne l'immortalité de l'une en regardant la mortalité de l'autre. Il peut donc exister dans l'univers aussi et au sein de la force matérielle, une force morale essentiell^nent distincte d'elle, encore qu'elle soitje principe de son jeu et de ses évolutions. Et de même que dans le petit monde appelé homine^ nous sommes tenus, sous peine d'inconséquence majeure, de distinguer deux sortes de forces, parce que nous y voyons deux ordres de phénomènes, de même nous sommes forcés de distinguer dans le grand monde appelé tmir verSf deux ordres de forces aussi pour deux ordres de phénomènes. Pour pouvoir faire, de la force matérielle qui se confond avec la substance cosmique et qui la pénètre, l'absolu, il faut confondre l'intelligence avec la matière, la cause avec l'effet, le principe avec le ^ phénomène. C'est-à-dire, il faudrait tomber dans l'absurde pour pouvoir tomber dans le panthéisme, dans l'athéisme ou dans le déterminisme , ce noatérialisme raffiné. Car c'est tomber là que de faire de la force de la nature l'essence primitive et universeUe des chosest

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leur substance permaneole ; que de chercher, sous les formes dé Toxygène, de l'hydrogène; de l'azote et du carbone, les Ames des animaux et les esprits des hommes; d'affirmer que, dans l'échelle des dévdoppements successifs, les Ames des bètes et celles des hommes n'offrent que des différences de degré; d'admettre qu'il n'y a dans les hommes qu'un degré supérieur de développement, qu'un perfectionnement de l'individuation, effet de cette opération de la nature qui tend à constituer des individus toujours plus parfaits.

Tout cela implique évidemment la matérialité de l'Ame ou l'attribution delafaculté dépenser àla matière.

C'est donc aller aux erreurs les plus grossières que d'exagérer l'indépendance des forces de la nature et la perfection toujours croissante de leur œuvre, et c'est en même temps aller contre l'expérience la plus positive. Ainsi pour quelques philosophes, déjà les diverses races de l'espèce humaine offrent chacune un progrès, un perfectionnement apporté par l'une dans le sein de l'autre. Ce progrès est l'œuvre de la seule nature ; et à l'époque où celle-ci sera parvenue, dans ses évolutions, toujours ascendantes, à un degré qu'on veut bien ne pas trop préciser, toutes les races actuelles feront place à un genre humain d'un organisme plus parfait. Un organisme plus parfait amènera nécessairement des facultés plus hautes, en un mot une Ame plus parfaite !

Mais si ce progrès, que nous examinerons ailleurs \ estfondé sur l'observation, s'ilest plus qu'une présomption poétique, s'il peut être admis avec autant de confiance qu'on le croit, c'est évidemment à un plan suivi par l'intelligence suprême, par l'idée créatrice, et non pas agx hasards des développements possibles de la force physique, qu'il faudra l'attribuer. Lorsqu'au contraire on n'y voit qu'une marche inhérente à la nature; lorsqu'on fait de la force physique la force vitale, et de celle-ci la puissance morale, la régulatrice de l'ordre éthique du monde ; lorsqu'on dit la conscience ellemême tout simplement une concentration plus forte et plus complète de la force vitale, une opération où l'activité émanée du centre se replie sur ce centre ; lorsqu'on ajoute enfin, que la plus grande concentration de la même faculté sert à peser dans ce centre les raisons d'agir ou de ne pas agir, de procéder de telle' manière ou de telle autre, on sort évidemment des régions de la science et l'on entre dans celle de la poésie : on fait de la force vitale la source de la conscience, de la liberté et de la moralité ; on professe un matérialisme plus ou moins panthéiste.

En d'autres termes, on confond Dieu et la nature en confondant la création avec la formation.

1 Voir ci-dessous h progression indéfinie et la fin du monde.

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