I. — La difficulté du problème
Aif premier aspect on peut n'être frappé que de lextrême difficulté de cette question, vu la faiblesse de nos moyens pour la résoudre. Mais, s'il est trèsvrai de dire, en termes vulgaires, que le monde des esprits nous est fermé, nous avons cependant deux sources d'inductions légitimes sur la nature et sur les attributs de toutes les intelligences : la science de Dieu et celle de Tbomme.
D'abord, ce qu'on sait de la nature et des attributs essentiels de l'Être infini s'applique nécessairement, dans la mesure très-variée du fini à l'infini, à tous les êtres spirituels qui le réfléchissent.
Ensuite, si le globe terrestre sert de point de départ pour étudier l'univers matériel dont il est partie intégrante, l'esprit humain nous sert de point de départ pour étudier le monde spirituel dont il fait partie intégrante aussi. Sans doute ce principe n'autorise que des inductions, mais nous n'allons pas au-delà,
ailleurs non plus. Et même sans connaître toutes les familles du monde spirituel, on peut se persuader que pour chacune d'elles, la question la plus importante, après celle du type commun et suprême de toutes, c'est celle de sa propre condition.
La nature de Thomme est donc pour nous la plus grande question de la pneumatologie, et elle n'en est pas la plus facile ; de même que ses facultés ne s'entrevoient qu'à travers les phénomènes, sa nature ne s'entrevoit qu'à travers ses attributs essentiels. C'est à ceux-ci qu'il faut demander le grand secret.