‹ La philosophie de LamennaisChapitre 11 sur 29 · I.VMIANVIS IlIill'.VI ir m vol L TI<»»A1HI · texte numérisé non relu

I.VMIANVIS IlIill'.VI ir m vol L TI<»»A1HI

saient rlia(|iie jour ili* plus eu plus, il rhiil rcslt' ['.ilthé de Lamennais, le catholique fervent, l'une des lumières de l'Éfçlise. Il allait revenir bientôt l'un de se» plus cruels ennemis.

Terminons le n-cil de cette première période fii rappelant les mots toiirlians par lesqurds se termine l<' drrnier numéro de CAvenir, dans liqurl Lamennais annonçait à SCS lecteurs son prochain voyage à Rome, et lappel qu'il» allaient faire à laiitorilé paternelle du souverain pontife : I Nous (juittons un instant le champ de bataille |)our un autre devoir également pressant. Le bàtou du voyageur à la main, nous nous aclieuiinerons vers la chaire éternelle; et là, prosternés aux pieds du pontife que Jésus-Christ a préposé pour guide et pour maître à ses disciples, nous lui dirons : » 0 père, daignez abaisser vos regards sur quelques-uns d'entre les derniers de vos enfans, qu'on accuse d'être rebelles à voire infaillible et douce autorité ; les voilà devant vous : lisez dans leur cœur, il ne s'y trouve rieu qu'ils veuillent (adier . si une seule de leur» pensées, une seule, s'éloigue des vôtres, ils la désavouent, ils l'abjurent. Vous êtes la règle de leurs doctrines : jamais, non jamais, ils n'en connaîtront d'autres. 0 père, prononcez sur eux la parole qui donne la vie, parce qu'elle donne la lumière, et que votre main s'étende pour bénir leur obéissance et leur amour. » tin parlant ainsi, Lamennais était sincère ; il se croyait l'àme docile et se persuadait que la foi surmonierait tout. Il comptait sans les passions humaines, sans l'amertume des malentendus, sans les irritations d'une longue et stérile attente, sans la force de plus en plus entraînante de ses convictions nouvellesi

LA Pim.OSOl'IllE DE LAMENNAIS

sans les relours meiia(;aiis de l'incrédulité de sa jeunesse jusqu'ici conjurée par la chaleur de la lutte, mais que la douleur d'une grande cause perdue ferait reparaître à la surface. 11 ne connaissait pas le saiot-siège ; il ne se connaissait pas lui-même, La politique glacée d'un pouvoir vieilli mise en présence des brûlantes ardeurs d'un génie tourmenté d'idéal jeta Lamennais dans un trouble profond et dans un véritable désespoir. Ses amis, plus jeunes que lui, purent se sauver, grâce aux espérances et à la souplesse de l'âge. Mais atteint dans sa pleine maturité, il n'avait plus assez de ressort pour recommencer sa vie dans le même ordre d'idées, ni assez de lassitude pour s'éteindre dans le silence. Il ne pouvait vivre que dans la foi. Désabusé d'un côté, il se tourna de l'autre. Les vastes espérances humanitaires qui agitaient son époque s'emparèrent de son imagination et substituèrent un nouveau mirage à celui qui l'avait déçu. Telle fut à peu près son histoire, que nous comprendrons mieux en la suivant pas à pas dans les diflerentes phases de la crise qui allait se précipiter de plus en plus pour aboutir à la plus douloureuse calaslrophe.

Lamennais venait de partir pour Rome avec ses deux amis, Lacordaire et Monlalemberl. Le récit de ce voyage, des causes qui l'ont amené, des incidens qui l'ont signalé, des conséquences qu'il a eues, est le sujet d'un des livres les plus intéressans de l'auteur et l'un de ses meilleurs

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