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(Hisilioii loiiiiiu' iiiD- iiulioii uli>>lr;iil<'. • iliiagt* idéale de I uiiih: du réelle couvuc isuléiiieiit va soi », mai* iiou pan «nmiiiP expression rerlle des faits z«iolo;riqucs. I/liypulliesv )l lin seul l\|>c animal ntndiiil a une liy|i<>tlicse plus fféné-
I lie, « selon l:i«|nrlle liiiiivers ne serai! plus qu'un seul tre dont la s«-rie des êtres divers n)ar(|nerait les dejrre»
-iieeossifs de dévelop|)einenl ». .Mais «le (e principe absolument simple, pris à Idri^'ine, comment faire sortir la ilivcrsilé de» èlres ? car ce que l'on apjM'Ile « l'action de* ajfens rxli-rieurs » n'est autre chose qu'un paraUi^risme : n est «e pas alléguer la variété pour « expliquer la variété »T Kn conséquence, Lamennais se rattache à l'hypclhèse de Crixii I il d'A){8ssiz, suivant laquelle l'unité de composition
II rsi (|ii<> l'i-xpression «le l'unité abstraite qui domine le rej;ne animal. Tout ce qu il \ a «le vrai dans rett«' ih<oric. (lisait C.uvier, < c'est que tous les animaux soui desanimau\>. On voit« oniment Lamennais entend l'idéedé^olution. D'une part, ce n'est |tas une sinii>le «-Mkhition mal«Tip|le-, d'autre part ce n'est pas le sarrili««' al»s«»lu de la «liversité à l'unité. I.e monde se d«>vel«tppe suivant un plan ; l'tinité régne dans 1 univers, mais elle se «oncilie avec la diversité des être».
Le seeotui principe «le la cosm«»logie lamennaisienne est le principe irinilaire. Après avoir établi a priori qu'il y a trois principes métaphysiques, il conclut qu'il doit y avi>ir dans la nature trois ujrens physiques repn-scntanl c«'s prineip«*s. Or la s«-i«Mice n«>ns apprend l'existence «le tniis fluides fondamenlnux : le fluide lumineux, le flui«le calorique et le flniile électrique, le galvanii|iie et le magnétique se raraeiianl an fluide «'ItMirijine. C«'s trois fluides ne stmt pas trois substances: c«^ sont les trois pnipriétés iK* l;i ^iilisi.im-e.
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Celle siibslaiice en soi à sou iiliis bas dejiié est l'éllier. Les trois fluides sont les propriétés de létlier. Ce ne sont pas non plus les modes de la substance. Ils sont moins (jiie substance et plus que modes, de même que les trois propriétés primordiales ne sont pas trois substances, mais ne sont pas non plus de simples modes de la substance divine. Lamennais admet donc lirréductibililé des trois fluides primitifs. On voit qu'il est en opposition avec les idées qui ont prévalu depuis et qui tendent à considérer les trois agens comme trois modes du mouvement ne se distinguant que par la diversité des sensations qu'ils produisent. « Ce qui fait croire à leur unité, dit-il, c'est iCur inséparabilité ; mais leur ditTérence est essentielle et non pas accidentelle. »
Maintenant, étant donné qu'il y a d'un côté tr(>is propriétés de l'être, la force, la forme et l'union des deux, et de l'autre côté trois agens pbysiques, la lumière, la chaleur et l'électricité, qui nous assure que trois agens correspondent aux trois principes ? Lamennais reconnaît que l'on ne peut le démontrei'. Mais la théorie donnant d'un côté trois principes, et l'expérience donnant de l'autre trois agens, n'y a-t-il pas là une correspondance remarquable? Si ce ne sont pas ces trois là, où seraient-ils? Et ces agens euxmêmes, au nombre de trois, à quoi répondraient-ils. si ce n'est aux trois principes? L'identité est donc vraisemblable et n'est pas contredite par les faits. Cependant Lamennais, quoi qu'il en dise, est obligé de faire une assez grande violence aux faits pour identifier les agens et les principes.
11 lui faut d'abord un principe de force. Lequel choisirat-il ? e ourraitêtre tout aussi bien la chaleur que l'éleclricifé,
LAML.NA.VIS Ml.l Al'llVSIClli.N liil)
(•arruiio coiimic l'aulre manifeste une force inolrice. llehoisil réleclricité, par la raison que cet agent ne se manifeste à nous que par le mouvement : c'est donc rélectricité qui sera le principe de la force. Il en résulte évidemment que tous les niouvcmens à Torigine ont dû être produits par rélectricité. Mais on ne voit rien de semblable. Toute la mécanique en général, et la mc-canique céleste en particulier, n"a nul besoin de rélectricité. On ne voit donc pas comment le principe de la force résiderait exclusivement dans rélectricité.
Si nous passons à la lumière, on comprend aisément quon en fasse le principe de la forme : car elle est ce qui rend les formes visibles, les révèle et les fait apparaître. Mais Lamennais va plus loin ; la lumière nest pas seulement pour lui ce qui rend la forme visible, la révélatrice des formes, elle en est encore le principe constitutif et générateur ; elle est la semoice des formes. Mais comment la lumière serait-elle le principe de la forme tangible ? Comment serait-elle le principe de la forme pour laveugle-né ? Cest donc arbitrairement que Ion rapprocbe la lumière de la forme; ou la lumière denenl tout autre chose que ce que nous appelons de ce nom. Enfin, Lamennais, par une autre simplification étrange, assimile la lumière et le son: « Entendre, cest voir «. Lamennais sappuie, pour le prouver, sur l'analogie des lois qui régissent le son et la lumière Mais la même analogie, pour ne pas dire la même identité, se rencontre entre les lois de la lumière et celles de la chaleur; et cependant Lamennais considère ces deux agens comme irréductibles l'un à lautre; pourquoi donc (^rouve-t-il plus facile d'assimiler la lumière et le son? —
l'U l.v PIIILOSOPIIlF, DE LAMENNAIS
Enfin, ccst encore arbitrairement que Lamennais idenlide la chaleur cl rallraction, lune qui rapproche, l'autre qui sépare, lune qui tend à la condensation, l'autre a la raréfaction. Mais Lamennais nie que la chaleur soit une force répulsive ; il n'y en a pas de ce genre ; elle est une forme expansive ; or l'expansion et la dilatation sont la manifestation et le développement de la force; mais alors la chaleur serait un principe de force et non d'union. Lamennais la rapproche de la vie, et c'est par là qu'il essaie de justifier son hypothèse. Au fond, ce sont des idées littéraires qui l'ont conduit à rapprocher la chaleur de l'amour, et par là d'en faire le principe d'union. Quoi qu il en soit, l'expansion n'est pas moins contraire à l'attraction que la répulsion : et ce n'est pas expliquer cette opposition que dire que l'attraction et la chaleur sont les mêmes forces, considérées l'une dans la limite, l'autre substantiellement; et enfin que l'attraction est soumise à des lois numériques ; car la chaleur lest également. Ce sont là des conceptions aussi vagues qu'arbitraires, très peu d'accord avec les données de la science.
Une dernière question, qui se rattache plus à la métaphysique et à la théologie qu'à la cosmologie, c'est la question du mal. Lamennais croit nécessaire de la traiter avant d'entrer dans la science de l'homme. On ne peut s'expliquer la nature humaine, si l'on ne comprend pas d'abord la nature du mal ; car il n'y a de véritable mal que dans les êtres intelligens et libres, et nous ne connaissons d'êtres intelligens et libres que l'homme. Ici, Lamennais essaie de lutter avec Pascal dans la peinture du mystère de la nature humaine et de ses contradictions radicales. Il est loin sans
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(Joute (l'égaler son modèle, mais il se montre encore vrai* ment éloquent : « L'homme n'est pas ce qu'il devrait être. Triste assemblage de tous les contrastes, il offre sans doute d'importantes traces de grandeur, mais d"une grandeur obscurcie, caduque, inachevée. Roi de la terre, il en change la surface ; il dompte ses forces aveugles par la force supérieure qui réside en lui, et sa débile existence est le jouet de tout ce qui l'environne. Sa pensée va saisir dans les abîmes les plus reculés de la nature inorganique les premiers élémens de la forme, et s'élève jusqu'à la forme infinie et éternelle ; et puis tout d'un coup on voit cette intelligence se perdre dans un atome. Son amour aspire à un bien immense ; il veut être heureux. Il souffre, il gémit, il craint; l'ennui, le dégoût, l'angoisse, sont devenus le fond de sa vie, et la plainte sa voix naturelle. Effrayant mystère, et qui l'expliquera ?... Le mal est dans le monde. <> L'homme est donc un être incompréhensible. C'est en lui (jue le mal se présente sous la forme la plus aiguë, sous la triple forme de la maladie, de l'erreur et du péché.
Malgré cette énergique peinture du mal, Lamennais est absolument optimiste. Comme saint Augustin , comme Leibniz, il croit que le mal n'est pas une réalité, mais une conséquence de la limite, un moindre être, une négation. Le mal physique en particulier n'est rien de réel. 11 n'y a de vrai mal que le mal moral, qui vient de la liberté de la créature. La vraie cause du mal moral est la lutte qui s'établit entre la loi d'unité qui porte l'être vers Dieu comme vers sa source, et la loi d'individualité qui le détache de Dieu et le ramène à lui-même. C'est par la loi d'individualité que les êtres qui en Dieu n'étaient séparés
VM) i.v l'im.osoFMin. de i.\mi;.\.n.\iï«
que par une disUnclion purement idéale se séparent les uns des autres, hors de Dieu, par une limite réelle. L'individualité est la condition de létre fini. Mais alors, pourra-ton dire, si cesl l'individualité qui est la source du mal, et si c'est cependant la loi de l'être fini, la création porte donc le mal avec elle-même, en tant que création; dès lors, la responsabilité remonte jusqu'à Dieu lui-même qui a créé. Aussi Lamennais est-il embarrassé entre son optimisme, et ses vieilles rancunes contre l'individualité, qu'il avait toujours combattue comme source de tout mal. Il essaie de résoudre le problème en disant que ce n'est pas l'individualité qui est le mal, mais le renversement des termes, en vertu duquel la loi d'unité est sacrifiée à celle d'individualité. L'individu est et doit se subordonner à l'unité comme à son centre. C'est la loi du Bien. Renverser les termes, sacrifier l'unité à l'individualité, par exemple préférer le moi à la famille, la famille à la patrie, la patrie à l'humanité, l'humanité à Dieu, c'est la loi du mal. Le mal, c'est l'égoïsme, c'est en même temps le matérialisme, car l'individualité est constituée par la limite, et la limite, c'est la matière.
Après cette explication générale du mal moral, Lamennais met en présence deux solutions du problème : la doctrine de la chute et la doctrine du progrès. Il est très sévère pour la doctrine de la chute, c'est-à-dire pour la doctrine chrétienne, dont il avait été si longtemps le violent et implacable apologiste. Il l'explique de cette manière. L'homme se voit dans son type, dans son modèle divin ; il a le sentiment de la perfection idéale de ce modèle : d'où il conclut que l'homme a dû être créé conformément à ce modèle ; et ne trouvant pas, à beaucoup près cette perfec-
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tioii sur la terre, il s'est dit que l'honinie était déchu, et que le mal était la punition d'une faute antérieure, d'un crime originaire. Celte théorie est inadmissible. Elle repose sur l'hypothèse d'un état primitif de perfection impossible et manifestement opposé à la loi fondamentale de l'univers, qui est la loi do progression. En outre, la transmission héréditaire du péché renferme une contradiction absolue. Quelle est la source du mal? C'est la volonté, l'art propre du moi dans un être individuel. Or la volonté est essentiellement incommunicable. Comment donc le péché pourrait-il se transmettre par l'hérédité ? On allègue la transmission héréditaire dés maladies ; mais c'est une transmission toute physique ; tandis que dans la doctrine théologi(iue, c'est le péché même, la volonté viciée. (|ui se transmet d'individu en individu. L'identilication de la race humaine tout entière avec le premier homme prouve bien que l'on a confondu l'homme réel avec l'honiine type, c'est-à-dire avec l'idée divine qui contient tous les hommes dans son unité. On considère comme le signal de la chute l'apparition dans l'homme de la science du bien et du mal, (|ui est au contraire le progrès le plus précieux et le plus magnilique. Car, s'il est vrai que cette science rend possible la chute de l'homme et la violation de ses lois qui est le péché, en revanche elle l'affranchit de la fatalité et lui ouvre l'entrée de l'ordre supérieur. Ce n'est pas là une déchéance. La vraie déchéance, c'est la création: c'est pour tous les êtres la réalisation dans l'espace et dans le temps de leur type idéal ; mais cette déchéance est inhérente à l'existence même. Lamennais ne dit pas, mais il suppose, que cette déchéance est compensée par le fait même de
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l'existence actuelle. Autrement, poiiiquoi Dieu uurail-il créé? l*ourquoi aur;iil-il imjiosé aux èlres qui JDuissent dans son entendement d'une pcrlection idéale llniiierfection nécessaire de l'existence réelle?
A la doctrine de la chute, Lamennais oppose celle du prnifrès. La rrt'-ation est soumise à une loi de progression tonliuue; en elVcl, à quelque degré de perfection relative (|ue vous la supposiez arrêtée, elle ne correspondrait plus à la conception que Dieu s'est proposée en créant, à savoir la manifestation de linlini. Toute progression implique le passage d'un étal inférieur à l'état supérieur, suivant un ordre régulier. Qu'est-ce que lliomme, par exemple, considéré comme individu ? C'est d'abord un point vivant, un atome liquide qui peu à peu se dilate, se coagule et s'organise, un germe dont l'évolution produit ce tout complexe et merveilleux que l'on appelle le corps humain. Les facultés se développent suivant la même loi, depuis l'obscure conscience jusqu'à l'entier épanouissement de linlelligence. Or la loi qui a présidé à l'évolution de rhomme intellectuel a dû présider également à l'évolution de l'humanité. Le genre humain a eu sou enfance, c'est-à-dire cette innocence primitive qui a cessé avec l'apparition de la liberté, c'est-à-dire avec le péché. Est-ce là un mal? Qui oserait le dire? Qui oserait dire que l'enfant dépouvu de raison est supérieur à l'homme? Qui ne plaindrait celui qu'un vice d'organisation, un isolement fortuit ou toute autre cause, condamnerait à vieillir dans une éternelle enfance? Telle est l'origine du mal moial. Quels en sont les remèdes? Comme il a combattu l'explication Ihéologique du mal , Lamennais combat aussi l'hypothèse théologique dune
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réparation surnaliirello, c'est-à-dire la doctrine de la rédemption. Cette hypothèse, et en général l'hypothèse du surnaturel, implique contradiction. II n'y a que deux sortes de lois : les lois de linfini et les lois du fini. Mais les unes et les autres, dans leur propre sphère, sont naturelles. Les lois qui régissent la nature de Dieu sont aussi naturelles en Dieu que les lois qui régissent la nature de Ihomnie sont naturelles en l'homme ; mais introduire dans l'ordre fini les lois qui régissent l'infini (et c'est en cela que consiste essentiellement le surnaturel) , c'est la violation de la nature des choses. Appliquer à la solution du problème du mal cette doctrine qui met entre les mains de Dieu le salut des hommes conduit à la prédestination, et engendre soit un fanatisme sombre et lugubre, soit une superstition funeste. Elle détourne l'homme d'une lutte corps à corps contre le mal, soit dans la nature, soit dans la société. Si cette doctrine dominait seule, sans les résistances que lui oppose la conscience humaine, la terre, par l'inerlie des bons, serait transformée en lieu de misère indicible, d'inénarrable désolation, en une sorte de demeure infernale. C'est donc dans la nature même que l'homme doit chercher le remède : c'est par l'intelligence et l'amour que nous pouvons lutter contre le mal. « La lumière et l'attrait, voilà la grâce selon la nature, et la nature, c'est la grâce. » Par les lois de la nature elle-même, c'est-à-dire par le développement de l'intelligence et de l'amour, le mal tend sans cesse à diminuer dans le monde. Il y aura toujours, et de plus en plus, plus de bien et moins de mal. Si l'on s'y trompe souvent, c'est qu'on considère plutôt les individus que les peuples, et plutôt les peuples que le genre humain tout
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entier, et aussi parce que l'un des effets du progrès est de rendre moins vif le sentiment des biens que l'on possède que celui des biens qui manquent encore.
On remarquera que Lamennais, qui dans sa vie a sans cesse apporté un esprit d'amertume et de haine qui l'a mis en lutte avec ses semblables de la manière la plus douloureuse pour lui-mt'me, un esprit de pessimisme qui lui fait voir partout des méchants corrompus, se place, au contraire, en philosophie, au point de vue du plus haut optimisme. Toutes les misères, toutes les larmes, tous les désordres du monde s'effacent pour lui devant l'idée suprême, vers laquelle gravitent tous les êtres, par une ascension continue dont les maux relatifs et pro>isoires dont nous souffrons sont les degrés. Comment ne s'est-il pas appliqué à lui-même, dans la conduite de sa vie et dans son commerce avec les hommes, la haute placidité dont 11 fait preuve dans cette page magnifique : « Qu'au lieu de s'abandonner à la tristesse et au découragement, l'homme se réjouisse dans sa destinée, et qu'il bénisse la suprême puissance qui la lui a faite ! Qu'il comprenne que la création n'offre d'autre mal que la limitation sans laquelle son existence serait impossible. Qu'il comprenne que le mal moral, exclusivement propre à l'être individuel, est étranger au tout, que les suites douloureuses de ce mal en préparent le terme ; qu'en vertu de la loi de progression, le bien s'accroît perpétuellement, et perpétuellement aussi le mal s'affaiblit dans l'humanité, du reste à peine naissante. La tâche de chacun est de coopérer à ce progrès, afin de seconder la puissance créatrice dans l'accomplissement de son œuvre, qui, à travers tous les degrés d'êtres, s'approche incessamment