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^ioii it l'enisleiK-e d** hicii, ^:lll^ iriiii iiHMiie ù liiiiiiiurlulilé «le r;iiii«'. Il «Ml «'si :tiii>i <!•* (Ihiilili. iiiilri' di-islr (|iii. |i;i> |ilii<> (|ii<* l(oliii((liroki' , Il ailiiM'l la \i(> lulurf : < Aiilaiil (Toirc, <lii il, i|uc Dieu jugera tous les animaux >. Jean Jacque;» Kouiiseau est plus exigeuiil que Chubb et lord Hrolingbroke : il (-r(»il à la \ii> fiilure. niais Lamennais lui rf|iroclie de faire la pari trop Im*!!)' aux iiicrliaiis, m su|i|)osaul que leur st'ulc piiNilioii s<>ra le souvenir des iiiauv qu'ils ont failH ; il lui reproche aussi le vague de sa ero\anee. Ilousf»eau fonde < respi-raiieo du jii>te » sur les allrihuls <le hieu « dont il n'a, dit il, iiull«' idre, qu'il afliriiM' sans 1rs eoniprendre ». Kn «'ffet, « plus il s'efforee de contenipler l'esM'ure iiifiiiit' de la di\inilc . moins il la eoneoit ». Mais le but principal de l'argunirnlatioii de Lamennais, c'est lic pousser le d«-isnie jusqu'à ralhi-isme; r'est de montrer que, s'appiixant sur la raison seule, le déiste n'a rien à répondre à l'allirc qui s'appuie sur relie m«'*ine raisnu : tar relui-ei est aussi lomaineu i|u'il n'> a point de l>ieu. que le déiste peut l'être qu'il yen a un. Il met aux prises Huusseau et l'athée, en préiaiil à lun et à l'autre les argumens des philosophes et d*' Hoiissrau lui-même : • Je ne connais pas Ilieii. dit Hoiisscau ; mais le plus di^ne usage de ma raison «-si île s'anéanlir dexaiii lui >. — • Me dire de soumettre ma raison, répond l'athée, avec les paroles mêmes de Jean Jacques, c'est outrager son auteur. » — « Voyez le spfcia( le de la nalure : nul n'est excusable de n'y pas lire. » — « (iesi la un sujet hors de l'expérience humaine, i (Hume.) — < Vous ne nierez pas lélernelle correspondance de la cause et de l'effet. » — « l'our(|uoi non 1 La liaison de I effet avec la cause est enlièremenl arbitraire. •
(Hume.) Ainsi, le même droit ([uinvoque le déiste pour ne l'aire appel qu'à sa raison, lalhée la également ; et si Tun s'en sert pour affirmer Dieu, l'autre s'en servira pour le nier. Qui décidera entre eux ? La seule conséquence est donc le scepticisme. C'est ce qu'avoue Rousseau lorsqu'il ne reconnaît à l'homme, pour le distinguer des bêtes, que le triste privilège de s'égarer d'erreurs en erreurs à « l'aide d'un entendement sans règle et dune raison sans principes B. Lamennais conclut toute celte discussion par ces mots de Bossuet : « Le déisme n'est qu'un athéisme déguisé ».
Le troisième système d'indifférence dogmatique est le protestantisme. On ne veut pas dire que les protestans soient individuellement indifférens en matière religieuse ; ils peuvent être croyans et pieux; mais c'est leur principe qui les entraîne hors de leurs croyances. Sans doute, le protestantisme réfute le déisme, comme le déisme réfute l'athéisme ; mais le protestantisme est entraîné vers le déisme, comme le déisme vers l'athéisme. Le dogme protestant repose sur une condition fondamentale : d'une part, il admet la révélation; de l'autre, il subordonne la révélalion au jugement de la raison. Luther en taisant appel au jugement individuel pour interpréter l'écriture, et en proclamant par là mémo la souveraineté de la raison, a ouvert en Europe un cours de théologie expérimentale. Toutes les doctrines religieuses se sont fait jour. Le christianisme s'est à la vérité maintenu, mais c'est grâce aux relations qui rattachaient encore la foi nouvelle à la foi ancienne. C'est le catholicisme qui maintenait le protestantisme dans certaines limites consacrées. A l'origine, on reconnaissait
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piMiiro |»Iiis ou iiioiii>« l'aiiiorili- do l'I-I^lix*, au nioiiit di's toiiciles. Mais, peu ii |)0U, les pruleslaiis uiit t-k- oiilraiiiés vers 1<! sociuiaiiisiDP, c'esl'hodire vers ledi-iiïmect riadiiïc' rciice. Que pouvaient, en eiïot, répondre les prute^lans aui so<-ini)>iis qui se servaient des luiMues armes qu'^Mix ? Sans doute, il y a une autorité : c'est la itihii-. Mai> (|ui l'interprétera ? Autant de tètes, autant ilc dot teurs. Où voyex vous dans le protestantisme les carat-leres de la véritable F^.jjlise? L'Kglise est une, car il n'y a qu'une vérité ; elle est perpétuelle, car la vérité ne |»eut cliaii^itT. Où est l'unité chez les proteslans, (|ui sont partagés en sectes innonibraldes? Où «'tait voln» F'ijrlisc avant l.ulln-r? On est oldi^sé de répondre ave<: le docteur Claude: i LK^lise u'e^l dans aucune secte en particulier, mais elle est répandue dans toutes. Donc toutes sont vraies à la fois. C'est la doctrine mèuie «le l'indilTéri'nce. »
pour sauver I unité de l'i^itlisc dans la diversité des sectes, il faut abandonner tout ce qui divise, et ne conserver que les points communs, lesquels seuls sont essentiels. C'esice qu'on appellf chez l«>s prolcstans la doctrine dos ■ articles roiiil.iMirnlaux 1. Mais celle doctrine uchI pas dans l'écriiur«'. Ni 1rs conciles ni les pères n'ont jamais parlé de dogmes à choisir dans la révélation. Comment admettre une révélation où les fidèles seraient libres d'en prendre et d'en laisser à leur jtré, et où il serait permis de rejeter des vérités révélées, sous le prétexte qu'elles sont moins imporlanles <|ue les autres, ou que Dieu n'a pas parlé assez claireincul? L'autorité dune révélation nest-ellc pas toujours la mémo, quelle que soit l'importance des dogmes? Sur quels principes d'ailleurs s'appuiera-t ou pour faire le
--* l.\ l'HILOSOPHlE DE I..\ME»AIS
triage entre ce qui est fondamental et ce qui ne lest pas? Jurieu donne trois règles, qui toutes trois sont absolument insuffisantes. La première est une règle de sentiment. « Ou sent, dit-il, les vérités fondamentales du christianisme, comme on sent la lumière quand on la voit, la chaleur quand on est auprès du feu, le doux et l'amer quand on mange. » C'est la règle de Rousseau : « Ma règle est de me livrer au sentiment plus qu'à la raison. J'aperçois Dieu ; je le sens. » Mais cette règle est arbitraire. L'athée qui ne sent rien du tout peut être à plaindre, mais non à condamner ; car personne n'est niaîiro do se donner un sentiment qu'il n'a pas. Dans le sein de la réforme, chacun avait sa manière de sentir; l'arménien ne sentait point la nécessité de la grâce, ni le socinien celle de la divinité de Jésus. Cette règle, d'ailleurs, conduisait à un fanatisme insensé. Toutes les extravagances des anabaptistes, des trembleurs, des indépendans venaient d'un prétendu sentiment immédiat, qu'ils donnaient comme une inspiralion de la divinité. — La seconde règle de Jurieu était dadmollrc tout ce qui était d'accord avec les fondemens mêmes du christianisme. Mais cette règle est une pétition de principe. Car la question était précisément de savoir quels sont les vrais fondemens du christianisme. Ainsi cette règle est inutile; car, qui peut juger de la liaison d'un dogme avec un autre dogme qu'on ne connaît pas ? — De là la nécessité d'une troisième règle: Tout ce que les chrétiens ont cru iinanimemenl et croient encore partout est fondamental et nécessaire au salut. «Je crois, dit Jurieu, que c'est encore la règle la plus sûre. » Cette troisième règle devait fort embarrasser Lamennais ; car, au fond
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i <>i Miii |ifn|ir(» (Hlrriiiiii, a savoir raiilorit** ili* tous, uii, à ili-r;iiit (li> louH, (lu plus ;:r:iii(l tiuiiilirc. Il ne |Miiivail roroiinallro raiiloritc i\o <«*ile n'j{lc Kaiis rhanger imiiiédia' lonieiil <l«» »uj««t, «Milrer ilaiis la que»lioQ de la rerliludc, propuhPr s»"H pn>|irfs priii(-i|><'s ctreiuMicfr à sa ronlrover*»*. MaJH tViail Pinn-r Irop loi ihiiN I»' < aiiip ri'MT\é. Il iiriait pas trmps «If sp «liM-oiivrir. •■( d°o\pii(|uer re qu'il rnlPiidait par 11" primipp d'aiilorili*. Il >c ruiittMile d«? faire roman|iier qu'il II \ a iiiiaiiiiiiilc suraiiniii point parmi les proteslaiis, qu'il n'y a pas un seul ilo((iu<> qui n'ail •■!«• nié par i|n«*lqiie liérélique. h'ailleiirs, les prolesians n'adiiiclleal aucune aiiloril)- ili\iiir; nr l«> (-«nisiMileninil d«' Inus les chrclieDs n'isl qu'uni- autnrili- tuiinainc et. par conséquent, iiisuflisanle. — La réforme. |>ar la force des choses, fut amenée à substituer à ce» règles ariiilraires d'autres r«*j{les que Hosstiel résume en <es termes: « Il ne faut reronnaitre d'autre aiilurilé qiif l'I-Irriture interpn-lre par la raison. I.'Kcrilure, pour nliljjicr. doit être claire. Lorsque l'Écriture parait enseigner des choses inintelligibles et où la raison ne peut atloindn-. il la faut loiirniT au sens dont la raison pt-ut s'.Mriiiiiiiiodi'r. quoiqu'on stMiilile faire violence au texte. » Ces r«'«gles ne sont que le dé\elop|>eiiient du priiicipi' iiD'-ine du pntlesiantiMiie ; mais elles subordonnent coiiiplcleniriit l'aiilorili- de l'Kcriture à celle de la raison. Les protestans. dans la prali<|ue, ont «loiic été amem-s peu à peu à n'avoir d'autre règle que celle de la raison individuelle. Dès lors, impossible «1 exclure au< une opinion. Il faut admettre toutes les set les, et même toutes les religions, y compris la religion naturelle ; et alors pourquoi pas l'athéisme luimême? (jr l'alliée parle également au nom di» la raison.
La conelusioii générale de lout ce premier volume, qui fut considéré par tous les catholiques comme le plus beau et le plus fort de l'ouvrage, c'est qu'en dehors du catholicisme, tous les systèmes rentrent les uns dans les autres; le protestant ne peut se défendre contre le déiste, le déiste contre Tathée, et tous vont se perdre dans l'abîme de l'indifférence absolue et du doute universel. Ainsi la raison ne conduit qu'au scepticisme, et il faut chercher un autre principe de certitude.
Lorsque Descartes proposa comme métliode en philosophie l'examen personnel et le doute universel jusqu'à ce que Ton ait rencontré l'évidence, il est remarquable que personne ne parut deviner la gravité de cette proposition et n'en vit les conséquences. Parmi les objections de toute nature qui s'élevèrent contre les Méditations de Descartes, pas une ne porta sur ce point capital. Sans doute, Hobbes, Gassendi, demandèrent à quoi Ion reconnaissait l'évidence; mais ce n'étaient que des objections spéculatives faites d'ailleurs dans l'intérêt du scepticisme. Mais ni Arnault (1) ni les théologiens ne remarquèrent que cette méthode était l'appel au sens individuel et à la liberté de penser. Les plus grands catholiques du siècle, Fénelon et Bossuet, ne craignirent pas d'approuver la méthode
(1) Arnault dit seulement: * Je crains que quelques-uns ne s'ofTensent de cette libre façon tte ptiilosopher... j'avoue néanmoins qu'il tempère un peu le sujet de cette crainte dans l'abrégé de la première méditation. »