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ilocti'iliOH r«'V<)liilioiiii:iin>s ci (Iriiiocnitiqiios, i|iril s'i-|oi- ^'ii:iit (Ir*s iiriincs pour >c toiiriiiT vers les |»mi(iIos.
(i«'s (lorliiiM's nouvelles se iiiaiiilVslenl d'une luaiiierc bien plus «lairo en<ore dans sa Correapondancc, où il peut s'expriincr avec plus de liberté. Déjà, en 1827, il abandoiiiiail ( oiMplélenieiil la < ause de raiicieii r)>'iiii)' et il rêvait un riat « oiii|)leienieiit nouveau: " Jamais on ne relèvera l'an- < ieii édillre, disait il , et sous presque aucun rapport il ne •serait à désirer «lu'on le relevai (se|»lenibre 1827) ». Il se si'pare de M. de I{onald,(|iii s't-tait peu à peu rallié- à M. de Mlli-le, et (|ui ronliiiiiail à soutenir de> doctrines abso* Iniisies. Hoiiald a\ai( ilii )l.iii> un é-crit rt'cent : « Nul Ftlal ne peut subsister avec la liberté- de la presse. » Lamennais prote>ie : « Tout Klal, dit-il, est aujourd'liui rév(dutionnaire et anlichrétien. Que serait la censure dans de telles mains.' . Au contraire, selon lui, < il va des vérités à t tablir et des erreurs qui doivent s'épuiser. La liberté de la presse est nécessaire à ce double but (novembre 1827) ». (.omiin- dans le livre Des Pmyrès de la Révolution, il
I onfond le gallicanisme avec le royalisme, et le ruyalismc avec l'abscdutisiiic : « Celte doctrine dégradante pousse les peuples à la républi(|ue par une lliéorie de la royauté qui répu((ne à la conscience du genre liumain (janvier 1828). >
II reconnaît que « le libéralisme a pour lui cette conscience uiiivi-rselle qui est la plus grande des forces fibiil.) ». C.onime dans le même livre, mais avec bien plus de liardiesse encore, il déclare que « le royalisme se dissout. I.e principe de vie ayant été détruit, il faut que celle société meure ». Le libt-ralisme a pour lui les institutions existantes, et (|uand il en demande les conséquences et les
développemens, on n'a rien de sensé à lui objecler. D'ailleurs, les jeunes généralions arrivent cniviées des doctrines nouvelles (ibid.). Parlant de son livre Des Progrès de la Bévolution, il dit qu'il y combat tout le monde, parce qu'il n'y a plus rien à ménager dans ce temps de dissolution universelle (novembre 1828). c Aucun bien ne peut plus s'opérer sans de grandes catastrophes. Pour établir les vérités qui doivent sauver le monde, une immense liberté est indispensable (ibid.). » — « Aucun changement mora' et spirituel n'est possible avant qu'un grand changement se soit opéré dans l'ordre extérieur de la société (janvier 1329). » — « Tout se prépare pour de grands ébranlemens. Les hommes seront emportés comme la paille par la tempête. Une destruction entière, absolue, est inévitable (H janvier 1829). » Pour arriver à ce renouvellement, deux choses sont nécessaires : « éclairer les esprits par la discussion, fortifier les âmes par le combat, d'où il suit que la liberté est aujourd'hui le premier besoin des peuples » .
Un événement important vint confirmer Lamennais dans ses nouvelles asjiirations et lui donner une forte impulsion du côté du libéralisme. Ce liit la protestation des catholiques belges contre le gouvernement hollandais. On sait que, par les traités de 1815, la Belgique avait été annexée au royaume des Pays-Ras. Cette annexion violente d'un peuple à un autre, dune race à une autre, souleva deux sortes de protestations : dune part, celle des libéraux, qui réclamaient, (omme en France, contre la réaction anti-libérale du pouvoir, avec un élément national en plus; d'autre part, celle des catholiques, qui réclamaient la liberté de
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( MiiM iriM I'. Ih' |;i iiii«> :illi:(iir«> iia(ur«'ll)' cntri' les pritK ipos liliiT:iii\ )'! h's |)riii< ijH's r;itlinli(|ii)>s. (l«*lt<* alliaiir«>, cuiiiiiiaii*li-i' par la sitiialiori, lit taiii> l*'s préjugés réciproques; <'l les <l('u\ partis, <-(roi(«>iii«>n( unis, s'élevèrent à la fois riinlrc uti<> nii''ni«> ixraruiie.Oe smitces principes roinmuns qui inspirait'Ut l<> Miniifrsle des ratlmliquos pour l*M|ut*l Lamennais e\prini«' sa profonde admiration et (|u'il propose on niodrjr aux t'atliolii|u<*s de notre pays. « C'est, disait il, un des plus beaux et des plus grands spertarles que l'on ail \us depuis longtemps. > lise fait l'illusion que, dans eetle alliau< e du iiltéralisme «>t du ratliolirisme, je premier de res deux f|i-m»'ns s«Ta absorbe par !•• xMond ; mais cette illusion était naturelle a un ratbolique. tar eonimeut rroin' que la vérité n'a pas elle même une vertu atlrarlive et absorbante? Au li<-ii d'opposer sans cesse le catholicisme aux iu>tin< Is modernes, il faut s'emparer de ces instincts a son profit ; •*! romme il s'exprimait alors, il faut « catholit iser le libéralisme (décenibn* iKiO) ». .\io8i parlait Lamennais pre> d'uni> année a\aut la révolution de 1830.
Ainsi I.amennai>, bien avant 1K30, se montrait de plus en plus désabusé du royalisme; ce qui est plus grave, c'est qu'on entrevoit qu'il pourrait bien un jour être désencbaiité et dt-sobusé d'un autre pouvoir tout autrement r«>spe« table et qu'il niellait au-dessus de tout, mais dont il commeDçait déjà à iléplorer la faiblesse et l'inrurie : Kome ! Uome I où es-tu ? > disait il à un moment où l'on croyait que Rome désapprouxail la piolestalion des évoques contre les ordonnances de tSiX. Il se plaint de l'ingratitude de l'I-'lglise à son égard : < Délendez-donc la
religion, l'Église... L'Église était dans Tarcne, livrée anx bêtes... J'ai senti le besoin de combattre pour elle. Aussitôt on lapide le téméraire sans mission. » Il se plaint d'un évéque qui ne veut entendre parler de liberté que dans un sens spirituel, et qui ne comprend pas que Jésus-Christ a aboli l'esclavage politique et domestique. Enfin, il déplore que l'opposition vienne de ceux mêmes dont on devait attendre le soutien : « L'Église, dit-il, en est arrivée à un véritable protestantisme de fait. »
Le livre Des Progrès de la Révolution contenait donc déjà une proposition d'alliance du catholicisme et du libéralisme, et il fut ainsi interprété par les catholiques: c'est ce qui résulte d'une lettre d'un catholique belge, à la fois libéral et catholique et qui souffrait profondément de la contradiction de ces deux opinions : « Yotre ouvrage, lui écrivait-il, a rendu le repos à mon esprit et la paix à ma conscience. Catholique plein de foi, j'étais libéral en politique ; et cependant presque tous les catholiques que je voyais faisaient de l'autel et du trône une cause commune, et je voyais presque toujours l'incrédulité l'apanage du libéralisme. Cette contradiction a été pour moi la source de combats bien pénibles ; et cependant je ne pouvais me soumettre à regarder les peuples comme de vils troupeaux livrés légitimement en proie à la houlette imbécile d'un berger ou au couteau d'un bourreau. Votre livre a paru, monsieur, et a été pour moi une vive lumière, qui a subitement éclairé ce coin obscur où je tâtonnais depuis si longtemps;... depuis ce temps, j'ai retrouvé la tranquillité... Votre ouvrage a fait une sensation immense dans ce pays; trois contrefaçons en sont épuisées ; nos vieilles entrailles
LAMENNAIS I HIKHAL F.T nKYOLlTIONNAIRE (il
ll:ini;iii(k's ont trcssiiilli on iTcoimaissîinl 1rs |)iiini|ics (|iii ont iHHih' nos pères dans leur si longue résislancc au j)onvoir. »
L'ëvénemcni dopiiis longtemps prévu par Lamennais arriva. La Restaurati<»n su(((»Mil)a dans une luit»' de (|in'I- (|u«'s heures, f.aniennais annonce cet (■véiicuH'nt à son amie la coiMicssede Senfl en lui apprenant en même temps que le «lue d'Orléans va recevoii' la «'ouronne. « Le plus grand nomhre, dit-il, préféreraient une république franehemenl déclarée, o\j<-suis de cefijf-là. Mais j'espère que la r<>yauté sera purement nominative ((» aoi1t 183(i). » C'était une illusion de croire (|ne la ré-piil)li(|ue avait pour elle la majorité de l'opinion ; c'était une antre illusion de croire que la royauté serait purement nominative. .Mais ce passage nous montre que Lamennais n'a pas attendu les Paroles d'un croyant pour être républicain : ce ne fut pas la conséquence extrême et déré-glée de sa rupture avec Home, ce fut la c(»ns(''(|uence logi(|ue de ses opinions. Désabusé d'une ntyautt' qui avait pour elle nw longue et respectable tradition, et qui. malgré sa faiblesse, était encore une royauté cliit'tienne, il ne pouvait guère sympathiser avec une demiroyauté, dont le |)remier acte devait être d'abolir la religion d'État, et (|ni, préoccupi-e de se conserver, devait accorder la liberté d'une main parcimonieuse. Ne reposant ni sur la souvei'aineté du peuple, ni sur le droit divin, la (luasi-légitimité portait en elle-même une cause radicale de faiblesse, et elle ne pouvait séduire Lamennais par aucun côté. Celait (('pendant une erreur grave de croire (|u'nn pouvoir quelconque , auquel on donne le prestige de la royauté, puisse se résigner volontairement à n'être que
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nominatif. Peut être une royauté qui se fût contentée de régner sans gouverner, ou plutôt qui eût affecté le rôle d'arbitre entre les partis, au lieu de se mettre à la tète d'un parti, aurait-elle eu plus de chances de durée. Mais pour se décider à cette conception, il fallait les lumières d'une expérience que l'on n'avait pas encore.
Tout ce que nous venons d'exposer est antérieur au journal l'Avenir, et même à la révolution de Juillet; et, cependant, toute la doctrine de l'Avenir y est contenue en principe. Ce ne fut donc pas le contre-coup brusque d'une révolution inattendue qui porta Lamennais jusqu'au catholicisme libéral: il y arriva graduellement, naturellement et sans soubresaut. L'étonnemenl, mêlé de défiance, que cette évolution produisit dans le public, s'explique par ce fait (ju'on navait pas été attentif à ces changemens. On avait toujours devant les yeux un abbé de Lamennais ultra et théocrate ; on ne pouvait croire à son libéralisme ; on n'y voyait qu'un jeu pour ressaisir sous cette nouvelle forme le pouvoir de l'Église. On vit bientôt que ce n'était pas un jeu; car Lamennais allait sacrifier à cette nouvelle croyance sa vie, son état ecclésiastique, sa foi, son âme entière. Ses plus grands ennemis, les plus opposés à ses nouvelles convictions, doivent reconnaître qu'il a fallu des raisons bien profondes pour expliquer un tel sacrifice. Dans le camp abandonné, on a tout rapporté à l'orgueil, qui est d'ordinaire l'explication dont on se sert pour qualifier toute tentative d'indépendance. Satan lui-même est tombé par orgueil. C'est là, à notre avis, une explication bien superficielle. Il est plus probable que la désillusion avait atteint le fond même de l'àme, et que, si Lamennais fût resté fidèle,