‹ La philosophie de Malebranche (volume 2)Chapitre 38 sur 117 · LES CRITIQUES DE MALBBRAHCHE · texte numérisé non relu

LES CRITIQUES DE MALBBRAHCHE

Enfin admettre que les créatures ne sont que des causes occasionnelles, c*est contredire le témôignage de la conscience et Tautorité de TËglise ; les jésuites pensent que Dieu, qui a bien pu donner Tètre aux créatures sans leur conférer sa divinité, a pu aussi leur donner une puissance véritable* Ils admettent que la conservation n*est qu^une création, mais non en ce sens que la créature n*aurait aucun pouvoir de se mouvoir ni de se déterminer; car autrement la liberté est impossible, et Dieu est le seul acteur en toutes choses et Tâme du monde ^

Voilà les principaux points de la philosophie des jésuites, opposée en tout, on le voit, à la doctrine de Malebranche. Je ne dis rien de la critique de la théorie de la Providence, parce que la réfutation du P. Dutertre n'ajoute rien à celle de Fénelon, et. ni le formulaire, ni Texplication adressés à André ne touchent à ces questions.

Il y a trois choses que les jésuites me paraissent étabh'r victorieusement contre Malebranche : c'est la faiblesse de la science humaine et l'invincible ignorance où nous sommes en bien des choses que Malebranche a vainement tenté d'expliquer; c'est,

1. Le p. Dutertre, Béfulation, t. I, p. 167-205 (pages dignes d'attention). Voyez aussi Écrit dôjà cité, %• point, art. 17; «( Nous agissons aussi réellement à l'égard de nos perceptions, qu'à l'égard de DOS volitions libres, quoique d'une manière différente. . • Le sentiment de l'Église suppose que la vision qu'ont les bienheureux de l'essence divine est une vérUabU action de Pentendemeni, mais laquelle il ne peut produire sans être élevé par le secours de la lumière de gloire, n

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! : ^ causas secondes. Malebranche se perd dans Tuni-

r - /V r Tersel, dans rabsolu, dans Tidéal. Les jésuites s*at- ^ ; tachent à Tindividdel, au relatif, au réel Dans ce débat je crois voir une sorte d*Aristote collectif . luttant contre un nouveau Platon.

. Aristote n'a pas compris ce qu'il y avait de profond dans le platonismCi il n'en a vu que le côté chimérique, et il a protesté contre ces excès au nom de la réalité. Les Pères jésuites qui combattent Malebranche ne saisissent dans sa doctrine que les points faibles rmais en les signalant avec forcCi Us vengent le sens commun contre l'esprit de système et ils défendent l'activité créée et la liberté contre des théories qui les détruisent. C'est là leur mérite. Mais Aristote, qui oppose l'expérience à l'idéalisme platonicien, n'est pourtant pas un empirique : il a une métaphysique, et son Dieu, c'est l'Acte pur, la Pensée de la pensée et le Bien suprême. Les Pères jésuites qui réclament au nom de l'expérience contre le malebranchisme, ont cependant eux aussi une métaphysique, c'est la métaphysique chrétienne : Dieu, c'est l'Être Parfait, l'Être infiniment parfait. Seulement, il faut Tavouer, dans leur réaction violente contre l'idéalisme de Malebranche, ils inclinent' parfois vers un empirisme qui détruirait toute

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